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 Panique a Saint Laurent...

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Tiger
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MessageSujet: Pour ceux qui n'étaient pas la a la première diffusion...   Lun 16 Avr - 17:07

PANIQUE A SAINT LAURENT DES EAUX









DOS DE L’OUVRAGE....





Mais que se passe-t’il dans ce coin tranquille de la région centre pour
que l’armée envahisse et boucle un secteur qui s’étend de Beaugency à
Mer au nord de la Loire et de Muides à Saint Laurent des Eaux au sud de
la Loire ?



Mais que se passe-t’il pour que les grandes banques Européennes soient sur le pieds de guerre ?



Mais que se passe-t’il pour que cette affaire relègue l’histoire du train Glasgow Londres à un simple vol à l’étalage ?



- - - - -



Toute ressemblance avec des faits ou des personnes est totalement
fortuite. L’on peut désormais considérer que les événements rapportés
dans ce livre sont une fiction puisque le simple fait d’en faire état
va permettre aux autorités compétentes de prendre toutes les
précautions nécessaires pour que ce cas de figure ne se présente jamais.



- - - - -





I





Comme chaque matin, Mario Camponi se leva à 7h30. Après avoir ouvert
les volets de sa chambre située au 1er étage d’un petit pavillon de la
banlieue Orléanaise, Mario descendit à la cuisine pour se préparer un
copieux petit déjeuner.



A 55 ans, Mario était resté en forme. 1,85 m, brun aux yeux noirs,
sa vie antérieure lui avait forgé un corps tout en muscles qu’il avait
su conserver.



Ancien officier supérieur des commandos parachutistes, amoureux de
l’Afrique, il avait quitté l’armée pour devenir Mercenaire pour les
uns, ou conseiller technique pour les autres.



Cette vie aurait pu continuer ainsi si il n’avait croisé le chemin
d’une bande de malfrats qui avait besoin de ses compétences pour mener
à bien une opération qui devait lui rapporter cinq millions. Mal
préparé, le coup de main avait échoué en partie. Il ne toucha que un
demi million et échappa de justesse à la prison.



Depuis, il ne participait plus directement aux opérations qui lui
étaient soumises. Par contre, il s’occupait de l’analyse et de la
réalisation de tous les préparatifs.



Heureusement, il était propriétaire de son pavillons, car les offres de
“travail” devenaient rares, et depuis un certain temps rien de
réalisable ne lui avait été proposé.



Le milieu du grand banditisme avait bien changé. Il n’y avait plus de
recherches et de subtilités. Maintenant c’était du travail en force au
bazooka et à la mitraillette.



Perdu dans ses pensées devant son café en train de refroidir, Mario
sursauta lorsque la sonnette de la porte du jardin fit entendre son ton
aigrelet. Il se demanda qui pouvait bien lui rendre visite à cette
heure ? Il enfila une robe de chambre et, muni de ses clefs, il
alla ouvrir. Il se trouva nez à nez avec un adolescent de 15 ou 16 ans
qui lui demanda

- “Vous êtes M. Mario Camponi ?”

Mario lui répondit par l’affirmative.

- “Bonjour, j’ai été chargé de vous remettre ce colis”

et sans autre explication il lui remit un paquet de la taille d’une
boîte à chaussures, enveloppée dans un papier kraft, ficelée et ne
portant aucune indication.



A peine Mario a-t-il été en possession du colis que le gamin fit demi
tour et partit en courant. Médusé, il referma la porte et retourna dans
la cuisine où son café avait fini de refroidir définitivement.



Intrigué et somme toute curieux, Mario se mit à défaire avec précaution
la ficelle, puis le papier fermant le colis. Étant donné les
circonstances qui lui avaient permis d’entrer en possession du colis,
il ne s’attendait pas à trouver une boîte de chocolat. Après avoir
soulevé le couvercle, Mario ne découvrit qu’une boîte en plastique
munie de deux cordons, d’un interrupteur et de deux voyants, ainsi
qu’une enveloppe fermée assez épaisse.



Après ouverture de l’enveloppe, il constata que celle-ci contenait une
seconde enveloppe et une lettre. Intrigué, il déplia la lettre et
commença à la lire :



“Cher Monsieur Camponi,



Vous voudrez bien excuser la méthode employée pour vous faire parvenir
ce colis, mais c’est le moyen le plus sûr que j’ai trouvé pour ce
premier contact. Vous ne me connaissez pas et vous ne me rencontrerez
jamais. J’ai entendu parler de vous lors d’un voyage en Afrique
Centrale, et le portrait qui m’a été fait de vos capacités m’a ouvert
des horizons pour la réalisation d’un projet ambitieux.



Vous n’aurez pas à participer à l’action, par contre vous serez chargé
de toute la préparation ainsi que de toute la logistique. Il n’y aura
pas de violence physique. L’usage des armes est totalement exclu.



Tous les frais de préparation sont à ma charge. Vous aurez à recruter
des hommes sûrs et à acquérir et fabriquer certains équipements. Si
l’opération se déroule parfaitement, vous rentrerez en possession de
cent millions de francs, de quoi envisager une retraite sans soucis.



Vous pensez sans doute que vous avez affaire à un farfelu, et je ne
peux vous blâmer, mais non, cette affaire est très très sérieuse.



Vous vous demandez certainement à quoi peut servir le boîtier joint au
colis ? Ceci est un codeur - décodeur automatique de ligne
téléphonique. Il a été fabriqué spécialement sur mes indications par un
ami. je possède le double pour que nous puissions, soit nous parler,
soit nous expédier des messages par fax sans risques d’être
interceptés. Le système est entièrement automatique et fiable. Il
comporte 1500 codages différents qui changent toutes les 15 secondes,
ce qui élimine tout risque que nos messages soient interceptés et
décodés. Son utilisation est très simple : le boîtier se branche sur
une prise secteur, vous raccordez votre téléphone à la prise femelle du
boîtier, et vous branchez la prise mâle à la prise murale téléphonique.



Pour mettre le circuit en route, vous basculez l’interrupteur, le
voyant rouge doit s’allumer et ainsi la ligne est protégée; pour
utiliser votre ligne normalement, basculez l’interrupteur dans l’autre
sens, le voyant vert s’allume. Comme vous le voyez, c’est très simple.



Dans ce courrier, je vous ai parlé de l’utilisation d’un fax. Vous
trouverez dans l’enveloppe jointe la somme de 10 000 francs.
Si vous acceptez d’aller plus loin, il vous faudra acheter un téléphone
fax, un modèle simple, sans mémoire de textes. Installez-le et branchez
le codeur. Mercredi entre 20h et 21h, vous recevrez un autre message.



Si vous ne désirez pas donner suite, gardez l’argent à titre de
dérangement, et vous n’entendrez plus jamais parler de moi. Pour ma
part, j’espère sincèrement que vous voudrez bien collaborer à cette
entreprise.



Sincères salutations



Mario reposa la lettre avec lenteur. Son cerveau se retrouve en pleine
ébullition. la méthode employée pour cette prise de contact dénote que
celle-ci a eu lieu après une certaine préparation. Le boîtier codeur
est réalisé très proprement. Le courrier a été imprimé au laser.
Tout est fait pour être intraçable.

La prime de 100 millions et une opération sans arme et sans violence ne sont pas faites pour lui déplaire.



En vieux routier, Mario sait parfaitement que s’il est sensé
toucher une telle somme, c’est que l’enjeu doit être bien plus
important. Malgré ses réflexions, il ne voit pas quel coup réalisé
en douceur est susceptible de rapporter si gros.



Ce qui précède se passait un lundi. L’éventuelle reprise de contact
étant prévue pour le mercredi, il lui restait donc la fin du lundi pour
réfléchir, le mardi pour se procurer un fax, et le mercredi pour se
changer les idées dans l’attente du message.



Mario avait très mal dormi. Il était tenté par l’aventure, mais surtout
il était curieux d’en connaître un peu plus. Pendant le dîner, la
veille au soir, il avait en vain cherché qui, en France, était en
mesure de mettre sur pieds un gros coup ? Les noms qui lui étaient
venus à l’esprit, s’ils pouvaient correspondre dans un premier temps,
avaient été vite écartés. Certains étaient décédés, d’autres purgeaient
pour encore longtemps une peine de prison, les derniers avaient atteint
un âge plus que respectable et ils étaient retirés des affaires depuis
plusieurs dizaines d’années.



Il s’était ensuite penché sur son propre rôle. Là encore il ne se
faisait pas d’illusion. Si le salaire était élevé, c’est sans aucun
doute que la tâche serait très difficile, qu’elle demanderait une
préparation minutieuse et un personnel d’exécution de tout premier plan.



La nuit ayant porté conseil, il décida, après une bonne douche
revigorante, de suivre les instructions, et pour commencer de se
procurer un fax. Un modèle simple avait-il été précisé dans le message.
Il se rendit à l’agence France Télécom d’orléans, où il put acquérir
l’appareil nécessaire pour moins de deux mille francs.



De retour chez lui, il suivit la notice d’installation en incorporant
entre la prise murale et le fax le fameux boîtier. Le voyant vert était
allumé, donc l’interrupteur se trouvait en position non codé. Pour voir
ce qui se passait, il composa sur l’appareil l’horloge parlante. Il
obtint l’heure comme prévu. Ensuite il bascula l’interrupteur : le
voyant passa au rouge et là il n’entendit plus que des grésillements.



Le mercredi fut pour Mario une journée pénible. Il tourna et retourna
dans son pavillon avec la fébrilité qui habite un enfant à l’approche
de Noël. C’est sûr, il avait été ferré, et il était désormais impatient
de voir sortir du fax vers 20h le fameux message suivant.



A 19h, Mario était trop stressé pour avaler un repas équilibré. Il
grignota quelques fruits et s’installa devant un café. Mario n’aima pas
du tout ses réactions, cela allait à l’encontre de ce qui est
nécessaire lorsqu’il est question de gérer un gros coup où l’on doit
impérativement rester maître de soi.



A 20h15 précise, le téléphone se mit à sonner. Mario se précipita sur le combiné et décrocha.



- Allô, s’écria Mario.



- Bonsoir, Monsieur Camponi, veuillez appuyer sur la touche envoi et
raccrocher votre appareil. Je vous passe un message. Au revoir.

Mario exécuta la manipulation, et le papier du fax se mit à sortir de
l’appareil. Le papier se déroule pendant plusieurs minutes, puis la
communication fut coupée. Mario se mit au travail pour découper chaque
feuillet, et les assembler dans l’ordre.



Le texte était clairement imprimé avec le même caractère que celui qui
composait son premier message. Mario était fébrile. Que contenait ce
foutu message. Il se servit une anisette bien tassée dans un grand
verre, s’installa dans son fauteuil et commença à lire.



“Cher Monsieur Camponi,



merci d’avoir accepté d’aller plus loin dans notre collaboration. Le
présent message ne vous dévoilera pas le but de l’opération, mais vous
indiquera les principaux points qu’il est nécessaire de résoudre pour
passer à la seconde phase qui, pour vous, consistera à réunir personnel
et équipements.



En ce qui concerne l’équipe action, elle devra être de 6 à 8 hommes,
tous de formation militaire, en pleine forme, capables de travailler
sous les ordres sans discussion, et bien sûr n’ayant pas peur de
prendre des risques.



L’un des hommes sera chargé de la liaison entre vous et le reste de
l’équipe. Inutile de dire que vous ne devrez pas être en contact avec
eux. L’idéal serait de recruter un homme en qui vous avez toute
confiance et de le charger du reste du recrutement. La prime pour
chacun des hommes sera de dix millions et vingt millions pour le chef
d’équipe.



Tous devront être d’excellents tireurs, non pas pour tuer mais pour
utiliser des armes anesthésiantes. Ils devront aussi très bien
connaître le maniement des explosifs. Les armes, des Schlauters 100,
sont des modèles à air comprimé à double cartouche C02 à répétition qui
ont été modifiés pour recevoir des chargeurs contenant des fléchettes
anesthésiantes à action immédiate. 8 seront mises à votre disposition
avec un stock de cartouches C02 et les chargeurs.



Vous devrez faire l’acquisition, sous de fausses identités, de
téléphones portables sans abonnement ; 12 seront nécessaires
à répartir à égalité entre Itinéris, SFR et Bouygues. Les équipements
électroniques annexes vous seront également fournis, ainsi que le
plan de l’objectif et les explosifs.



l’opération aura lieu la nuit, ainsi que les séances de repérage. Les
explosifs sont d’un type que vous ne connaissez pas, indétectables,
très stables, utilisables uniquement avec des détonateurs électriques
spéciaux, et surtout d’un très haut pouvoir soufflant. Ils ont en outre
la particularité de dégager de très hautes températures. Le chimiste
privé qui a mis cette formule au point est décédé. Je reste donc le
seul à en connaître la fabrication. Les installations nécessaires font
largement appel à l’électronique. Même si les équipements seront livrés
précablés, il serait bon d’avoir dans l’équipe quelqu’un ayant de
bonnes connaissances en électricité.



Vous aurez besoin de fonds pour financer la mise en route. Par exemple,
il faudra louer une villa à l’ouest d’Orléans, dans un endroit calme et
peu fréquenté pour l’installation de votre équipe. Les sommes
nécessaires vous seront également fournies.



Dans un premier temps, cherchez quels sont les hommes pouvant
constituer l’équipe, renseignez vous sur leur disponibilité et leur
faculté à quitter leur environnement actuel pendant au moins un mois.

Je reprendrai contact avec vous jeudi prochain entre 20h et 21h.



Sincères salutations.



La lecture du message laissa Mario abasourdi. Les sommes proposées
étaient énormes, bien supérieures à ce que l’on peut imaginer. Il
sentait également que tout avait déjà été prévu et que son travail de
mise en place serait plus du domaine de la confirmation terrain
que de l’étude de faisabilité. Restait le choix des hommes qui à priori
restait de son domaine de responsabilité. De ce choix devait dépendre
la réussite de l’opération ou son échec, mais il ne voulait pas y
penser, ce serait son dernier coup, et il devait réussir.

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MessageSujet: Re: Panique a Saint Laurent...   Lun 16 Avr - 19:00

II





Dès le lendemain, Mario pris la route pour Paris en quête de son homme
de confiance. Il avait une petite idée de l’homme qu’il allait choisir.
Restait à le retrouver et à savoir si il accepterait.



Mario décida de s’installer assez loin de son secteur de recherche.
D’ailleurs cette recherche s’effectuerait à la nuit tombée pour plus de
discrétion. Il prit une chambre d’hôtel. Le Concorde Lafayette de par
sa taille permettait un relatif anonymat. En attendant de se mettre en
chasse, il passa sa journée à flâner sur les boulevards et s’octroya un
bon déjeuner de poisson à la Maison de Finlande.



En fin d’après-midi, Mario repassa à l’hôtel afin de se changer et
d’adopter une tenue passe partout. Ne voulant pas prendre sa voiture,
il décida de se rendre à Saint-Lazare à pieds pour y dîner chez
Mollard. Très friand de poissons, il ne pouvait résister et profitait
de ses rares séjours à Paris pour s’adonner à des plaisirs difficiles à
satisfaire sur Orléans. Après cet excellent repas, l’heure était déjà
bien avancée, il reprit son chemin et remonta vers la place Clichy pour
se rendre à Pigalle. Derrière la rue Blanche devait normalement se
trouver l’établissement objet de ses recherches.



Dehors la nuit était tiède et les demoiselles travaillaient en tenue
légère et suggestives. Cela arrangeait bien Mario car de ce fait les
bars ne devaient pas être trop encombrés. Dans une petite rue très
passante, il repéra assez facilement le bar qu’il cherchait. Une façade
toute noire avec des liserés blancs et une enseigne lumineuse
clignotante annonçait “Black Bar Night”. Tout un programme. La porte
était ouverte, mais l’entrée était défendue par un rideau épais qui
empêchait de voir à l’intérieur et amortissait efficacement la musique
distillée à l’intérieur.



Mario écarta le rideau, entra dans le bar, inspecta rapidement la salle
et le comptoir. Il sut immédiatement qu’il était au bon endroit. La
salle était entièrement décorée d’objets africains et toutes les
filles, de la barmaid aux entraîneuses, étaient noires. Il y avait des
grandes, des moyennes, des petites, toutes avec des formes agressives,
mais parfaitement proportionnées et toutes très belles. Deux hommes,
eux aussi des africains, grands et costauds, correctement costumés et
cravatés, étaient dissimulés dans des coins d’ombre, très certainement
le service d’ordre de l’établissement. Les tenues des filles étaient
claires, ce qui tranchait admirablement sur les peaux d’ébène.





L’établissement respirait la bonne tenue, pour ne pas dire une certaine
classe. Rien que du beau, rien de tapageur. La décoration, elle aussi,
n’était pas en toc. Les amateurs d’art africain devraient saliver
devant certaines pièces qui n’avaient rien à voir avec les babioles à
touristes.



Mario se percha sur un tabouret haut et attendit que la barmaid
s’approche. Elle était ravissante, longiligne et féline, des formes
harmonieuses, un sourire éclatant, certainement métisse, ce qui lui
avait fait perdre un visage négroïde marqué, remplacé par des traits
d’une grande finesse.



Mario était le seul client. Dans tout autre établissement, il aurait déjà été assaillit, là pas du tout.



- Que désirez vous boire ? l’interrogea la barmaid avec un sourire éclatant.



- Apportez moi de votre réserve une bouteille de Champagne, du Roederer rosé 76, s’il vous plaît.



Sans un mot, la fille s’éclipsa dans un renfoncement situé au bout du
bar, occulté par un rideau. Elle revint cinq minutes plus tard avec un
seau à Champagne où trônait la bouteille demandée. En même temps
qu’elle officiait au débouchage de la bouteille, la barmaid demanda à
Mario s’il voulait de la compagnie à choisir parmi les hôtesses
présentes. Mario refusa d’un sourire au moment où le pan émis par le
bouchon annonçait que la bouteille était ouverte. Dès que son verre fut
servi, la barmaid retourna à sa caisse, laissant Mario devant son seau
à Champagne.



- A la vôtre, Commandant !



Mario se retourna lentement et se trouva face à un gaillard solidement
charpenté, blond, cheveux courts, des yeux bleu gris. Mario tendit sa
main.



- Bonsoir Franck, heureux de te revoir.



- Alors, Commandant, de passage à Paris ? pour le plaisir ou pour affaire ?



- Pour le moment, pour le plaisir, mais peut-être pour affaire lorsque nous aurons pu discuter seul à seul.



- Pas de problème, Commandant, venez dans ma suite. Rosalie, apporte nous la bouteille et des verres dans mon bureau.



La barmaid s’empara du seau et disparut derrière le rideau. Franck,
suivi de Mario, suivirent. Derrière le rideau, se trouvaient quatre
portes : une marquée “réserve”, l’autre “issue de secours”, la
troisième “loges”, et la quatrième munie d’un épais battant matelassé
“Direction”.



- Laisse nous Rosalie, je ne suis là pour personne, OK !



- OK patron, de toute façon les frères Mongo sont là, alors il n’y a pas de risques.



Le bureau de Franck était plus que spécieux, 30 m2 facile, une fenêtre
avec du verre cathédrale condamnée par de lourds barreaux, d’épais
doubles rideaux. Des meubles à éléments couvraient l’ensemble des murs.
Une alcôve abritait un grand canapé-lit, et formait un coin salon avec
des fauteuils assortis, un beau bureau Napoléon III de la plus belle
facture. Le fauteuil et quatre chaises complétaient le décor. Une porte
de placard donnait accès à un cabinet de toilette luxueusement équipé.
Une autre porte dissimulait un coin cuisine complet, de quoi vivre en
totale autarcie.



Franck ferma les doubles rideaux, appuya sur un bouton dissimulé à l’intérieur d’une niche. Un clac clac se fit entendre.



- Fermeture électromagnétique de la porte, nous sommes tranquilles.



Franck s’installa dans un des fauteuils et fit le service. Mario se
posa sur le canapé face à Franck et sans dire un mot souleva son verre
pour trinquer.



- A nos retrouvailles, Franck !



- A nos retrouvailles, Commandant !



Après avoir bu une gorgée, Mario reposa son verre, fixa son regard dans celui de Franck et dit



- Ça a l’air de marcher pour toi, ta boîte c’est la classe, petite mais de classe.



- J’ai fait le choix de la qualité, Commandant. Ça coûte cher au
départ, mais c’est rentable. Tout le personnel d’ici est salarié, pas
d’indépendants. Les fringues c’est moi, contrôle sanitaire et anti-sida
obligatoire tous les trois mois à mes frais. La paye est très bonne
mais le règlement est strict. Pas d’à-côté, interdiction d’aller trop
loin, même en dehors de la boîte. Les frères Mongo surveillent tout. De
plus ils ont un très bon réseau d’information. Celle qui ne
respecterait pas les règles serait virée. Bref, j’utilise des hôtesses,
pas des putes. Attention, elles ont le droit d’avoir une vie
sentimentale, mais je veux connaître le loustic et je décide si elles
peuvent continuer à bosser ici ou si il vaut mieux qu’elle fonde un
foyer. Enfin vous voyez le genre. Du coup, ma boîte et moi avons bonne
réputation. Mon établissement est d’un niveau élevé, les prix aussi.
D’ailleurs moi je n’ai pas de problèmes, ni avec les poulets, ni avec
le milieu. Du coup, tout baigne.



Au fait, Commandant, la bouteille, c’est pour moi. Vous étiez un des
rares à connaître mon goût pour ce type de Champagne, alors lorsque la
petite m’a informé qu’un client voulait boire une bouteille de ma
réserve, j’ai tout de suite su que ça pouvait être vous, parce que les
autres, ou ils ont mal tournés et sont au placard, ou ils sont habillés
de sapin. Allez, Commandant, vous n’êtes pas venu me voir pour parler
du bon temps. Il y a autre chose !



- OK, Franck, j’ai été mandaté pour organiser et mettre en œuvre un
coup, et j’ai besoin d’une équipe au top, mais pas des gars du milieu,
des gars de chez nous. Étant donné que tu es installé et que tu as
l’air peinard, tu es bien parti pour te faire un pactole avant de
prendre ta retraite, d’autant plus que tu n’auras pas de mal à revendre
ton fonds pour un bon paquet de fric. Alors je me vois mal t’embarquer
dans un coup et te faire sortir de ton train-train.




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MessageSujet: Re: Panique a Saint Laurent...   Lun 16 Avr - 19:02

- Stop, Commandant ! Vous êtes à côté de la plaque.
C’est vrai, pour le moment mon truc ça marche. Mais voilà, je vais
avoir de plus en plus de mal à tenir le standing. Trouver des filles
comme celles que j’ai actuellement, c’est de plus en plus difficile.



Ou elles sont déjà plombées jusqu’à la moelle avec ce putain de sida,
ou elles marchent à la drogue, ou elles veulent tapiner dans l’espoir
de se faire un max de fric dans un minimum de temps. Le revers de la
médaille avec mon business, c’est que les clients savent que mes filles
sont des filles bien, que mes filles avancent en âge, donc que tout est
réuni pour que certains clients installent l’une des petites au chaud à
disposition permanente. Alors vous voyez le problème : d’un côté le bon
fonds de commerce se taille, de l’autre impossible de remplacer. Bref à
court terme, je ne pourrai pas maintenir mon job avec des africaines.
Adieu renommée, adieu le fric, adieu la retraite dorée. Commandant, ne
me parlez pas de train-train. Ici, à court terme, ce sera foutu. Si
vous pouvez m’offrir des vacances avec un baroud, je suis partant.



- C’est bon Franck ! Je vais t’affranchir. Es-tu en mesure de t’absenter au moins un mois sans t’occuper de ta boîte ?



- Pas de problème Commandant, Rosalie et les frères Mongo sont tout à
fait capables de s’occuper du club. D’ailleurs ils l’ont déjà fait et
cela a très bien tourné, et les comptes étaient bon au franc près.



- Parfait, je n’ai pas encore tous les éléments, ce que je sais c’est
que c’est un coup énorme et qu’à côté le coup du train postal c’était
de l’argent de poche pour gamins. Pour te donner une idée, tu
toucherais 20 millions et chacun des gars 10 millions.



- Vous charriez, Commandant. C’est pas possible votre truc, il faut
s’attaquer à la réserve d’or de la Banque de France avec une armée ou
quoi ?



- Non, non, Franck, je crois que c’est très sérieux, et vu la minutie
mise en œuvre par mon contact qui est le concepteur du projet, c’est
très certainement un coup super vicieux

auquel personne n’avait pensé avant. Franck, as-tu la possibilité de
rassembler huit gars sérieux qui t’obéirons sans poser de questions,
des gars au sang froid éprouvé, en bonne forme physique, pas bavard,
pas fichés ou ayant des contacts trop étroits avec le milieu, bons
tireurs, habitués aux explosifs, un ou deux gars avec une bonne
formation en électricité électronique ?



- Commandant, trouver huit gars avec un tel CV, que je puisse driver en
toute confiance, en France, je ne vois personne qui correspond. Par
contre en Afrique, je dois pouvoir vous dégotter cela s’ils ne sont pas
tombés trop bas, ou s’ils ne sont pas embarqués dans des plans vaseux.
Si je trouve, il faudra les rapatrier en métropole. Il y aura
obligatoirement des frais. Qu’est-ce qui est prévu ?



- Pour le moment, ne t’occupe pas des frais. Tout sera pris en charge.
Il me faudra à disposition au plus tard mercredi prochain au soir des
dossiers complets sur les types que tu auras choisi. C’est possible ?



- Oui, Commandant. Ça doit être possible. Si je pars demain, je devrais
pouvoir rentrer mardi et vous préparer les dossiers mercredi.



- C’est bon Franck. Prépare ta malle et au boulot. Tu me laisseras un
fil où je puisse te joindre en cas de besoin mercredi. Je ne viendrai
pas ici. Rejoins-moi vers 20h au Concorde Lafayette. Nous discuterons
dans ma chambre. Tiens Franck, voici mon adresse et mon fil en cas
d’urgence. Je te laisse préparer ton voyage. Nous discuterons plus
longtemps la prochaine fois. Je file.



Franck actionna le déblocage de la porte. Ils sortirent tous les deux.

- Non, pas par là commandant, la sortie de secours est plus discrète.

Ils se séparèrent sur une longue poignée de main.



Mario se retrouva dans une ruelle sombre qui débouchait non loin de la
boîte de Franck. Il rejoignit le boulevard où il héla un taxi qui le
déposa à son hôtel. Allongé sur son lit, Mario ne trouvait pas le
sommeil. Pour le moment, l’affaire était bien engagée. Il avait trouvé
son homme de confiance, il connaissait bien Franck. Ils avaient baroudé
ensemble pendant plus de dix ans et s’étaient sortis des coups les plus
tordus? Il n’avait pas tellement changé, à peine empâté. Mais le regard
et l’intelligence paraissaient toujours aussi vifs. Personne n’était au
courant, mais si Franck était encore de ce monde, s’était grâce à Mario
qui l’avait sauvé d’une mort atroce. Franck, grand amateur d’objets
africains, n’avait rien trouvé de mieux que de partir seul en brousse
où il avait repéré des sépultures. Il avait indiqué à Mario dans quelle
direction il partait et qu’il revenait dans une heure. Il n’y avait pas
d’animaux sauvages dans le coin. Par contre, le secteur n’était pas
totalement sécurisé vis-à-vis des tribus nomades. Franck n’étant pas
revenu au bout d’une heure, Mario avait décidé de le rejoindre.
Heureuse initiative, il découvrit la jeep abandonnée. Alerté par le
bruit du véhicule, Franck s’était évertué à grogner malgré son bâillon.
Marco n’avait pas tardé à le retrouver à moitié nu, allongé sur le sol,
attaché à quatre piquets plantés profondément dans le sol à proximité
d’un chemin de passage de fourmis magnans. Sans l’arrivée, sans doute
assez rapide de Mario, Franck serait mort dans d’atroces souffrances,
dévoré vivant par des milliers de mandibules. Franck avait été surpris
par une troupe pendant qu’il démontait un monticule pour y dérober des
objets sacrés. Le tombeau étant celui d’un chef, le sacrilège ne
pouvait être puni que d’une mort lente.



Personne n’avait été au courant de cet épisode, et Franck avait été
reconnaissant à Mario de l’avoir sauvé de la mort et de ne pas avoir
fait un rapport qui lui aurait coûté ses galons de Lieutenant. Il
serait resté Adjudant-chef, sans espoir de devenir officier.



Le lendemain matin, Mario était prêt de bonne heure. Après le petit
déjeuner, il prit la route de retour en passant par le magasin
d’articles de pêche Motillon. Pêcheur acharné, il avait décidé de
s’attaquer au silure en Loire, ce qui demandait un équipement
respectable et de qualité.



Le retour sur Orléans se passa sans problème, les départs de week-end
n’ayant pas encore démarrés. Après avoir fait quelques provisions,
Mario prépara son nouvel équipement de pêche : remplir le nouveau
moulinet de fil devait se faire correctement, voir quel montage il
allait employer sur place pour ne pas perdre de temps. Bref astiquer
ses armes.



A l’aube il démarra en direction de Saint-Laurent des Eaux. En aval de
la Centrale il y avait des courants chauds et certaines fosses devaient
receler des silures. Les abords du port du Cavereau lui permirent de
garer sa voiture pas trop loin de son lieu de pêche. La journée se
passa bien, sans silure, mais avec quelques belles carpes dont une de
14 livres. Comme à son habitude, Mario avait remis le poisson vivant à
l’eau, ne gardant que quelques gardons et goujons ainsi que les
perches. Il y avait déjà assez de causes de destruction du poisson pour
voir terminer celui-ci sur des tas de fumier faute d’être consommés.



Rentré à la nuit, et après avoir dîner de sa friture, la fatigue eut raison de lui, ce qui l’empêcha de cogiter sur son projet.



Le reste de la semaine passa calmement sans nouvelles de Franck ce qui pouvait être bon signe.





Mercredi matin, il reprit la route vers Paris et comme prévu s’installa au Concorde Lafayette.



Comme la semaine précédente, Mario alla déjeuner sur les Champs
Elysées, puis il se paya une toile avant de rentrer à l’hôtel. A
l’accueil, Mario demanda qu’on lui monte une bouteille de Roederer
Cristal ; il devait bien ça à Franck. A 19h50 le téléphone sonna.



- Bonsoir, monsieur, ici la réception. M. Schaller vous demande. Il peut monter ?



- Oui merci, qu’il monde.



Deux minutes plus tard, Franck frappait à la porte. Mario alla ouvrir



- Salut Franck, entre et mets toi à l’aise.



En une semaine Franck avait pris une belle teinte caramel. Il tenait
une serviette à bout de bras. Ils se serrèrent la main, puis Franck
retira sa veste et prit l’un des fauteuils devant la table basse où
était posée la bouteille de Champagne dans son seau à glace.



- Alors, dit Mario, bon voyage et tu reviens avec de bonnes nouvelles ?



- Oui Commandant, je crois que vous allez être content. Ça n’a pas
toujours été facile de loger les hommes que j’avais en tête, mais je
vous ai préparé huit dossiers, en majorité des gars que vous avez
connus.



- OK Franck, pas de problèmes avec les locaux ?



- Non, hormis que l’Afrique ne s’améliore pas et qu’il faut faire attention à qui l’on parle.



- Bien, nous allons voir ça. Tu prends une coupe ?



- Oui Commandant.



Franck ouvrit sa serviette pour en sortir une pile de chemises.



- Le premier, c’est le Sergent Étienne Bartoldi. Le deuxième Claude
Bartoldi, les deux frères. Ils étaient aux transmissions. Ils ont fait
le coup de feu avec nous.



- Oui, je me souviens, de bons éléments sur qui l’on pouvait compter,
mais à tenir fermement parce qu’en dehors des missions, c’était à qui
ferait la plus grosse connerie.



- Non Commandant, ils ont évolué, et ils sont plus calmes. J’ai eu du
mal à les retrouver, c’est donc qu’ils ne faisaient pas parler d’eux.
Ils s’occupent du service de sécurité d’une riche Africaine. C’est bien
payé, mais pas trop et ils s’emmerdent à plein pot. Ils sont OK pour
marcher avec moi et ils peuvent partir sur simple ordre. Ils ont assez
de fric pour rentrer par leurs propres moyens.



Bien, ensuite, les deux suivants, vous ne les connaissez pas. Ils ont
fait parti de l’équipe du Colonel Kérel. Autant dire qu’ils ont été au
bagne parce que avec vous c’était pas toujours drôle, mais avec Kérel
c’était toujours mission impossible. Caporal tous les deux en

première ligne pour le nettoyage de terrain et le piégeage aux
explosifs, pour être encore vivants entre les mains de Kérel, c’est des
bons. Pour eux, maintenant, c’est pas l’extase. Ils sont ensembles et
sont mercenaires à la petite semaine. Protection rapprochée de petits
dignitaires qui ont des choses à se reprocher de façon ponctuelle.

Jean René et Romain Roland, comme quoi à la DASS ils ont de
l’imagination. C’est sans doute l’origine commune qui les a fait rester
ensemble. Pour eux il faudra des fonds, ils sont raides mais ils sont
partants.



Les deux suivants vous les connaissez aussi. Pas directement, mais tout
le monde en Afrique chez les militaires ont entendu parlé des
“terriers”. Encore un couple qui ne s’est pas séparé. Ils étaient avec
le Commandant Léonard, spécialiste des missions commando délicates.
Tout le monde les appelait les “terriers” comme les chiens. En réalité,
les Sergents Hans Kaulmann et Karl Becker, d’origine alsacienne comme
moi, ça crée des liens. Avec des anciens camions de l’armée, ils font
du transport spécial. Ne me demandez pas en quoi c’est spécial, mais je
pense que c’est de la marchandise pas forcément dangereuse, mais devant
être protégée. Ils doivent bien faire un peu de trafic, mais rien de
bien méchant. En tout cas, ils ne se sont pas fait remarquer, ils sont
disponibles et aimeraient pouvoir amasser un petit pécule pour
travailler avec du meilleur matériel et à plus grande échelle.



Les deux derniers sont encore deux frères, des pieds noirs, Jean-Pierre
et Jean-Paul Martinez, de très bons éléments, bonne réputation. Ils
s’occupent d’une réserve et ils sont en Afrique depuis la fin de leur
contrat en Algérie. Pour le moment, ils sont employés, mais ils
aimeraient bien pouvoir créer leur entreprise de safari.



Vous constaterez que j’ai sélectionné des gars qui marchent par paire.
Je pense que cela permettra une meilleure intégration des différents
éléments. Alors, Commandant, que pensez-vous de l’équipe ?



- Écoute Franck, c’est toi qui devra les driver, je suppose que dans ces conditions tu n’as pas été chercher des pieds plats !



- Non bien sûr, mais vous pourriez avoir un avis.



- Du moment qu’ils ne sont pas recherchés, que c’était des gars qui ont
été dans l’armée, qu’ils ont essuyé le feu, et qu’ils savent exécuter
les ordres sans discuter, je n’ai rien à dire. je suppose que ces
dossiers sont pour moi et que tu as des doubles !



- Oui Commandant.



- Alors c’est bon, je les garde. Et puis assez parlé boulot. Je t’invite à dîner avant que tu ne retourne à ta boîte.



Après avoir rangé les dossiers dans sa valise, Mario et Franck sortirent de la chambre.

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MessageSujet: Re: Panique a Saint Laurent...   Lun 16 Avr - 19:19

III





Le lendemain soir, Mario était installé dans son salon, le décodeur
était actionné et il attendait le prochain contact. A 20h30, le
téléphone sonna. Mario alla décrocher.



- Allô ! Bonsoir Monsieur Camponi. Avez-vous passé une bonne semaine ?



- Oui, très bonne merci.



- C’est très bien, je suppose donc que notre affaire avance bien ?



- Je le crois aussi.



- Bien, alors où en sommes-nous ?



- J’ai trouvé mon homme de confiance qui a réussi à réunir une équipe de huit hommes pouvant faire notre affaire.



- Voici donc un problème de réglé et non des moindres. Désirez-vous continuer

l’opération ?



- Bien sûr, si je dispose des fonds nécessaires pour mettre en route les différentes phases.



- Après notre entretien, vous appuierez sur la touche “envoi” et vous
aurez d’autres instructions. Les prochains jours vont vous paraître
très courts car le travail à faire est important. A bientôt M. Camponi,
et suivez bien les instructions.



Mario enfonça la touche “envoi”, raccrocha le combiné et le papier se mit à défiler.



“Cher Monsieur Camponi,



La première partie préparatoire est résolue ou presque, car il faut
encore réunir l’équipe en France. Pour la suite il va être nécessaire
d’avoir des fonds.



Demain matin, vous trouverez dans votre boîte à lettres une clef de
consigne. Cette clef correspond à un casier de la gare d’Orléans. Vous
irez et récupérerez une mallette contenant cinq millions en liquide.
Cette somme suffira pour couvrir les frais de préparation. A l’origine,
j’avais envisagé de vous faire louer une maison, mais après réflexion,
je pense préférable d’acheter une maison isolée en Sologne, par isolée
j’entends non visible d’une route, entourée de bois et uniquement
accessible par un chemin privé. Idéalement, elle devrait être située
dans un triangle Saint-Laurent des Eaux, Chaumont sur Tharonne,
Bracieux. Pour une somme comprise entre 1,5 et 2 millions, vous
trouverez facilement. Faites réaliser l’achat par votre homme de
confiance, car cette maison restera sa propriété.



Dans la foulée, faites acheter 2 tout terrain, des Toyota SW noirs. Ils
seront nécessaires au transport des hommes et du matériel.



Comme déjà indiqué dans le premier message, vous devrez acheter
12 téléphones mobiles chez les trois opérateurs déjà cités, ainsi
que 4 cartes recharge à 250 F par appareil. Confiez cette
opération à votre homme de confiance. L’acquisition des appareils devra
se faire dans 12 magasins différents et sous une fausse identité, de
même les cartes devront être achetées dans au moins 12 endroits
différents. Je vous indiquerai ultérieurement le but utilitaire de ces
matériels.

L’achat de la maison devrait être rapide, le paiement se fera comptant.
Il n’y a donc pas de temps d’attente. Si nécessaire motiver le notaire
pour une bonne rapidité d’établissement des actes.



Pareillement pour l’achat des véhicules, faites presser le mouvement.
Ils devront être immatriculés avec l’adresse de la maison achetés.
Prévenez votre homme de confiance très vite. Cette partie de
l’opération doit être bouclée dans quatre semaines. La cinquième
semaine sera utilisée au rapatriement et à l’installation de vos hommes
dans la maison.



Je reprends contact avec vous jeudi prochain, à la même heure. D’ici là, bon travail.



Une fois de plus Mario resta songeur. C’est un fou ce type !
Mettre comme ça 5 millions sur la table sans garantie, c’est
incroyable. Ce luxe de précautions, la minutie de la préparation, cela
ne ressemble pas à la mafia, pourtant pouvoir allonger 5 millions,
ce n’est pas à la portée de tout le monde ! Je verrai bien demain
si l’argent est là.



Mario coupa le décodeur, et appela Franck au numéro que celui-ci lui avait donné.



- Allô Franck ? bonsoir, c’est Mario.



- Bonsoir Commandant, quoi de neuf ?



- Plein de choses. Ce soir tu avertiras ton équipe que tu dois
t’absenter quelques jours. Prépare ta valise et arrive demain vers midi
à Orléans. Réserve dès ce soir une chambre au Novotel. Je te
retrouverai au bar à l’heure du déjeuner. C’est clair Franck ?



- Oui Commandant. Alors à demain midi. Bonsoir.



- Bonsoir



et Mario raccrocha.



Le lendemain, à 9 heures, Mario était prêt. Sa boîte aux lettres
contenait une enveloppe kraft neutre, à l’intérieur de laquelle se
trouvait la clef prévue. Il prit sa voiture et se rendit à la gare
d’Orléans où se trouvait le casier contenant la mallette. Mario n’eut
pas de mal à trouver la consigne, le numéro se trouvait sur la clef.
Une fois la porte ouverte, il découvrit une grosse mallette antichoc en
aluminium. Sans précipitation, Mario se rendit aux toilettes où il
s’enferma afin de contrôler le contenu de la mallette. Celle-ci était
entièrement remplie dans les deux côtés de liasses épaisses en billets
neufs de 500 F et 200 F. Vu le poids, il ne faisait pas de
doute que les 5 millions étaient présents.



Mario reprit sa voiture et se rendit en centre ville. Chez un
maroquinier, il acheta une mallette rigide, genre attaché-case. Ensuite
il se rendit à sa banque habituelle où il loua un grand coffre capable
de contenir la valise en aluminium. Lorsqu’il fut seul dans la salle
des coffres, il transféra un million de francs dans son nouvel
attaché-case, enferma dans le coffres les 4 millions restants et
ressortit de la banque. 11h45, il était temps que je me rende au
Novotel où Franck devait déjà l’attendre. A cette heure là Orléans
était passablement encombré et Mario mit près de 30 minutes pour
rejoindre le Novotel. Après avoir trouvé une place dans le parking il
prit l’attaché case et ferma sa voiture a clef.



Franck était accoudé au comptoir du bar devant un verre et vint à la rencontre de Mario.



- Bonjour Commandant



- Bonjour Franck! Alors tu t’es installé?



- Oui commandant comme vous me l’avez demandé.



- Bon trouvons un coin tranquille au restaurant et déjeunons.

Mario et Franck étaient installés à l’endroit le plus reculé du
restaurant. Après avoir passé leurs commandes et après que l’apéritif
fût servit Mario attaqua.



- Franck nous allons pouvoir continuer l’opération. Dans l’attaché case
que le trimballe il y a 1 million de Francs pour couvrir les premiers
frais. Tu auras le reste au fur et à mesure de tes besoins. Dès cet
après midi tu t’enfermes dans ta chambre avec un annuaire et tu
contactes toutes les agences immobilières en premier lieu d’Orléans
ensuite de la périphérie. Objet ... Acquisition d’une propriété en
Sologne située dans un triangle St Laurent des Eaux, Bracieux, Chaumont
sur Tharonne. Cette maison servira à loger tout le monde et sera la
base logistique pour l’opération. La propriété ne devra pas être
visible de la route, le terrain sera clos, dans les bois et elle sera
accessible par un chemin privé. Budget jusqu’à 2,5 millions de
Francs. Dès que tu as trouvé par téléphone quelque chose qui puisse
convenir, tu fonces pour une visite. Si cela semble convenir tu signes
le compromis de vente, tu verses un acompte de 10% en liquide. Si on te
poses des questions tu agis pour le compte d’un tiers qui désire garder
l’anonymat. De toute façon la propriété sera à ton nom et sera
définitivement à toi. Tu devras voir avec l’agence pour que le titre de
propriété puisse être établi très rapidement dans la mesure où tu payes
comptant. Tu régleras cela et que l’agence prenne contact immédiatement
avec le notaire pour la signature. Cela fait tu iras chez un
concessionnaire Toyota et tu commanderas deux 4X4 des stations Wagon de
couleur noir. Ils devront être immatriculés à l’adresse de la propriété
et à ton nom. Vu les délais de livraison tu devrais les avoir en même
temps que les clefs de la propriété. Tu régleras là aussi 10% d’acompte
en liquide. Lorsque tout cela sera bouclé tu pourras rentrer à Paris.
Tu auras encore à acheter 12 téléphones portables sans abonnement, il
faudra 4 SFR, 4 Bouygues et 4 itinéris. Ne pas acheter 2 appareils dans
la même boutique et chaque achat doit être fait à un nom différent. Tu
devras aussi acheter 4 cartes prépayées à 250 Francs par appareil
et là aussi les achats devront être réalisés à des endroits différents.
Pour finir avant de rentrer sur Paris tu me donneras l’adresse de la
propriété pour que j’aille faire un tour de reconnaissance. Tu
trouveras avec l’argent un condensé des instructions. Lorsque ces 3
points seront réglés, je te donnerai les fonds nécessaires pour le
solde de la propriété et des véhicules. La phase suivante consistera au
rapatriement de l’équipe qui se trouve en Afrique et a son installation
dans la propriété. Tu as des questions à poser Franck?



- Ben pour le moment non commandant car avec du fric il y a rarement de problèmes.



- Encore un point important Franck il faut que cette partie de
l’opération soit bouclée en 4 semaines maximum, la cinquième est
destinée au rapatriement et à l’installation de l’équipe.



- Commandant pour les téléphones et les véhicules c’est du nougat par
contre pour la propriété cela va dépendre de l’offre et puis il faut
quelque chose de propre et d’habitable immédiatement pas un truc où il
faudra se transformer en maçon, peintre, électricien ou plombier!



- OK Franck je suis d’accord avec toi si il faut mettre une rallonge
pour quelque chose de propre vas y mais mollo quand même 500.000 de
mieux mais pas plus de toute façon tu vois ce dont nous avons besoin.



- Oui commandant le genre camp retranché mais discret.



- C’est tout à fait cela Franck, bon assez parlé boulot

déjeunons, après je me sauve et je te laisse à tes nombreuses occupations.



Le repas fut consommé sans que l’affaire soit remise sur le tapis et
après le café Mario quitta Franck sur une vigoureuse poignée de main.
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MessageSujet: Re: Panique a Saint Laurent...   Lun 16 Avr - 19:36

IV





Franck se rendit à l’accueil et demanda un annuaire.

Désolé monsieur nous n’avons plus d’annuaires mais nous pouvons vous
confier un minitel, je vous demanderais juste une empreinte de carte de
crédit en guise de caution. Franck s’exécuta et repartit vers sa
chambre avec le minitel sous le bras. Une fois branché il sélectionna
les agences qui fonctionnent en réseau et une très vieille agence
Orléanaise qui semblait spécialisée dans les propriétés et les
châteaux. Après plusieurs appels qui furent négatifs, l’agence
Louis-Henry lui indiqua avoir des biens qui pouvaient correspondre à
ses besoins. Rendez-vous fut pris pour le lendemain matin 9h. l’agent
immobilier passerait prendre Franck à son hôtel.



L’agent immobilier qui le demanda était de sexe féminin avait la quarantaine était élégante et semblait raffinée.



Elle se présenta.



Eléonore de Pavia et présenta à Franck une main sans nulle doute
aristocratique. Elle invita Franck à boire un café sans doute pour
sonder cet éventuel futur client.

Après cette prise de contact agréable elle entraîna Franck vers un 4X4
Allemand de la dernière génération. Après avoir attaché leurs
ceintures de sécurité elle démarra avec la douceur de la boite
automatique en direction de la première visite.

Franck s’était muni la veille d’une carte IGN du secteur défini par
Mario et il avait tracé en rouge le fameux triangle. Ils prirent
l’autoroute en direction de Tours et sortirent à Mer. Ils se dirigèrent
ensuite vers Chambord. Après avoir traversé la Loire ils se dirigèrent
vers Crouy sur Cosson en passant par Nouan sur Loire.



Éléonore engagea le 4X4 sur un chemin mal entretenu et étroit, la maison était visible entre les branches d’arbres rabougris.

Franck avait confectionné un tableau qui regroupait les différents
points de détails à respecter. Il avait établi une cotation de 1 à 5
pour chaque détail et il commença à porter ses notes. Le chemin
débouchait sans barrière dans une petite trouée avec au milieu la
maison. A première vue il était évident que la maison était inhabitée
pour ne pas dire abandonnée et que l’entretien ne devait pas faire
partie du vocabulaire des propriétaires. Franck toutefois joua le jeu
et effectua la visite complète.



- Ce bien est le moins cher que nous ayons à proposer il est à 800.000 Francs frais d’agence inclus.



- Bien dit Franck je crois que nous avons fait le tour. Pouvons-nous passer à la suivante?

Pas de problème dit Éléonore.



Ils reprirent la route en direction de la Ferté Saint Cyr, puis en direction de Ligny le Ribault et de là vers Yvoy le Marron.

A quelques kilomètres après Ligny le Ribault, Eléonore ralentit à
l’approche d’un chemin qui était balisé par 2 piliers en pierre. Le
chemin était large 2 voitures pouvaient tenir de front et il était bien
entretenu mieux même que certains chemins communaux. La propriété était
close par un haut grillage solide accolé à de très sérieux poteaux. Des
panneaux indiquaient clairement que la propriété était privée et la
chasse gardée. A environ 50 mètres, le chemin débouchait sur un
énorme portail haut, large, épais et parfaitement opaque. Eléonore
sortit de la boite à gants une télécommande qu’elle actionna. Le lourd
portail coulissa silencieusement. Eléonore avança puis referma le
portail. La maison n’était pas visible de cet endroit. Là encore le
chemin était large et parfaitement entretenu, il était bordé de plots
lumineux et les arbres étaient en retrait après une large bande de
pelouse qui semblait taillée aux ciseaux à moustaches. Rien à voir avec
la première visite se dit Franck qui continuait à prendre des notes.
Après avoir roulé une centaine de mètres, ils débouchèrent sur un grand
rond point fleuri. En face se dressait une magnifique demeure
solognotte avec sur la droite un corps de bâtiment qui était destiné
aux garages. Sur la gauche il avait été aménagé un grand plan d’eau.
Sur l’arrière de la maison devait se trouver une vaste étendue de
pelouse car la frondaison des arbres semblait très en retrait. Le tout
respirait le luxe et le bon goût.



La maison est de construction récente indiqua Eléonore, des
années 70, la propriété est entièrement close, la superficie
totale est de 12 hectares. Le corps de bâtiment à droite est en mesure
de recevoir 5 voitures; il y a aussi un vaste atelier et des écuries
pour 4 chevaux. Au rez de chaussée de la maison, il y a un grand salon
avec cheminée, une salle à manger, une salle de jeux avec billard
Français, une salle de musique avec home vidéo, sur la droite se trouve
une grande cuisine, un cellier, une buanderie, un bureau et deux
chambres avec salle de bain et enfin deux WC. A l’étage, accessible par
le grand escalier de l’entrée, il y a cinq chambres, toutes avec salle
de bain, deux WC et une lingerie. Le tout représente une superficie
habitable d’environ 360 m2. Sur l’arrière, il a été aménagé une
piste pour recevoir un hélicoptère. La maison est entièrement protégée
par un système d’alarme très performant et par une surveillance vidéo
depuis le portail.

Voici pour la première description et avant de visiter je dois
vous dire que ce bien est vendu tel quel, c’est-à-dire avec tous les
meubles et objets. Seuls les objets d’art, les armes et les tableaux
ont été retirés. Les propriétaires de cette maison sont tous deux
décédés dans un accident et il n’y a pas d’héritiers hormis des cousins
très éloignés. Dans ce cas les frais de successions étant ce qu’ils
sont le bien doit être vendu pour payer l’état.



- Le prix doit être exorbitant dit Franck.



- Non ne croyez pas cela car c’est très isolé, l’entretien coûte cher,
les impôts fonciers élevés et somme toute ce n’est qu’une maison de
campagne.



- Bon alors combien demanda Franck?



- Trois millions de Francs.... Mais si vous regardez bien, cela ne fait
que 25 Frs le mètre carré de terrain ou 8000 Frs le mètre
carré habitable avec en prime les dépendances et l’entier mobilier qui
comme vous le constaterez ne provient pas du grand bazar du coin. Non
croyez moi c’est plus qu’une excellente affaire uniquement possible
parce que il y a urgence et que la saison n’est plus idéale pour ce
genre de vente.



- Bon voyons cela dit Franck.



Eléonore guida Franck dans toute la maison et effectivement il était
impossible de reprocher quoi que ce soit. Prestations, meubles,
finitions, tout était de très haut niveau. Il ne subsistait que les
traces aux murs des objets qui avaient été retirés. Tout était resté :
linge de maison, assiettes, verres, couverts, la cuisine était un beau
morceau de bravoure, réalisée par Godin autour d’une grande Châtelaine
elle était absolument remarquable. Il aurait vraiment fallu être
difficile pour ne pas apprécier.



Eléonore se retourna vers Franck et lui demanda :



- Alors qu’en pensez-vous?



- Je dois dire que cela correspond effectivement à ce que je recherche, toutefois il y a encore quelques points à résoudre.



- Ha bon lesquels?



- Je suis prêt à signer immédiatement mais le montant doit s’entendre
dans ce cas frais d’agence et de notaire inclus, ensuite je dois être
en possession de l’acte de propriété au plus tard dans 4 semaines. Pour
finir sachez que je paye cash.



- Au moins avec vous les choses sont claires. Bon écoutez prenez un
verre, le bar est plein. Pendant ce temps là je vais passer quelques
coups de fils de ma voiture. Installez-vous revisitez si vous le voulez
et à tout à l’heure.



Franck alla se servir un verre d’anisette au bar, il s’installa ensuite
dans un profond canapé face à la cheminée. En tournant la tête à gauche
il voyait le plan d’eau où s’ébattaient quelques canards et à droite la
pelouse avec sa piste d’attérissage pour l’hélicoptère. Franck avait
hâte qu’Eléonore revienne avec une réponse positive car il n’y avait
pas à tourner autour du pot c’était bien le lieu idéal pour préparer
l’opération puis se replier. Ce qui ne gâchait rien devenir
propriétaire d’une telle baraque n’était pas pour lui déplaire. Le
bruit des escarpins d’Eléonore sur le carrelage le ramena à la réalité.



- Je crois que vous allez être satisfait tout s’arrange. Le dossier ne
pose pas de problèmes d’un coté le vendeur est pressé, de votre coté il
n’y a pas de dossier de crédit et enfin le notaire fera un effort pour
le délai, donc dans 4 semaines maximum vous serez dans ces murs.



- C’est parfait dit Franck et merci de votre diligence, vous pouvez me reconduire à mon hôtel nous pourrons y déjeuner ensemble?



- Je vous redépose mais j’ai encore pas mal de travail à l’agence. Au fait quand pouvons-nous signer le compromis de vente?



- Vers 15h ou 16h si vous voulez et je vous réglerai 300.000 Frs.
Pour le moment faites-moi signer le bordereau de visite ainsi vous
serez couverte.



En 5 minutes les papiers furent signés puis ils repartirent vers Orléans.



Eléonore laissa Franck devant le perron de l’hôtel. Ils se serrèrent la mains en se donnant rendez-vous en milieu d’après midi.

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MessageSujet: Re: Panique a Saint Laurent...   Lun 16 Avr - 19:37

A l’accueil Franck récupéra sa clef. Une fois dans
sa chambre il consulta le minitel pour trouver un concessionnaire
Toyota sur Orléans puis il redescendit pour déjeuner.

Après avoir bu son café et signé la note de restaurant Franck munis
d’une serviette en cuir se dirigea vers sa voiture. Il débloqua un
système qui permettait de de basculer la banquette arrière où une cache
était aménagée. Dans la cache il y avait la mallette remise par Mario.
Franck sortit 6 liasses de billets de 500 Frs et cinq liasses de
billets de 200 Frs ce qui était suffisant pour l’agence et le
garage. Il mit les liasses dans la serviette puis remit mallette et
banquette en place. Après s’être installé au volant il prit la
direction d’Orléans centre. L’agence était située à côté de la place
Jeanne d’Arc. La trouver ne posa pas trop de problème. C’était une
autre affaire que de dénicher un emplacement pour garer la voiture.
Mais la place de la République lui offrit une opportunité qu’il
s’empressa de prendre.



Dès que Franck eut franchi la porte de l’agence il se retrouva dans une
atmosphère feutrée. Une charmante blonde aux cheveux courts et aux yeux
verts trônait derrière un bureau Empire certainement d’époque. Elle
tapait avec délicatesse sur un clavier informatique. Elle leva la tête
redressa le buste ce qui mit en avant une poitrine agressive, sourire
enjôleur elle demanda à Franck ce qu’il désirait?



- J’ai rendez-vous avec madame De Pavia pour signer un compromis.



- Veuillez patienter je vais la prévenir.



Elle décrocha l’appareil téléphonique et indiqua que son rendez vous était arrivé.



Quelques secondes plus tard Eléonore apparut sur le pas de la porte du couloir qui se trouvait derrière l’hôtesse.

Eléonore s’était changée, elle portait un tailleur vert d’eau en parfaite harmonie avec ses yeux.



- Rebonjour et merci d’être venu assez tôt car j’ai une visite importante à faire. Suivez moi.



Elle précéda Franck dans le couloir et s’effaça pour le laisser rentrer dans un spacieux bureau.

Entièrement meublé en ancien , bureau et bibliothèque Louis XV, une
belle commode surplombée d’un grand miroir, sur les murs quelques
tableaux de bonne facture, l’on se croirait au Louvre des antiquaires.



- J’ai préparé les papiers nous n’avons plus qu’à signer. Vous versez bien 300.000 Frs ?



- Oui mais en liquide.



Franck sortit de sa serviette 4 liasses de billets de 500 Frs et cinq liasses de billets de 200 Frs.



- Voilà vous pouvez contrôler il y a 100 billets par liasse.
N’ayez pas de crainte ils sont vrais, j’agis pour le compte d’une
personne qui désire garder l’anonymat d’ailleurs le solde sera
également versé en numéraire. Si le notaire le désir à la signature un
banquier pourra être présent avec un détecteur de faux billets.

Eléonore compta consciencieusement les billets de chaque liasse puis
elle inscrivit la somme sur un bordereau et retourna les papiers ver
Franck pour qu’il puisse y apposer sa signature.

Eléonore remis un exemplaire à Franck.



- Merci bien dit Franck, je vous passerai un coup de fil toutes les
semaines pour connaître la date de signature chez le notaire.



- Parfait comme cela si vous le désirez mais de toute façon pas avant 2 semaines, je vous reconduis.



Franck quitta l’agence soulagé de la tournure des événements, il récupéra sa voiture et se dirigea vers l’agence Toyota.

Le moins que l’on puisse dire c’est que chez Toyota l’on ne sautait pas sur le client.



Franck se promena tranquillement autour des voitures exposées dans le hall.



Deux vendeurs cravatés étaient installés à leur bureau accaparés par l’étude sans doute complexe du journal du jour.

Le plus âgé des deux finit par se lever et s’approcha de Franck.



- Avez-vous vu un modèle qui vous plaise demanda le vendeur?



- Justement non dit Franck, je cherche un station Wagon TD VXE.



- Effectivement le modèle que nous avions en stock a été livré ce matin.



Le vendeur sans doute alléché par la perspective d’une grosse vente se
fendit d’un beau sourire et invita Franck à le suivre jusqu’à son
bureau.



- Asseyez-vous je vais consulter le fichier national pour voir où il y a de la disponibilité pour le modèle que vous voulez.

Voilà il y a 5 TD VXE pour le moment, 2 gris métal, 2 verts métal et 2 rouges métal.



- Pas de noir verni demanda Franck?



- Non monsieur désolé.



- Quel en est le prix?



- Comme ils sont tous équipés de la même façon sauf les 2 gris qui sont
en boite mécanique, cela va de 379.000 à 392.000 Frs et ils sont
livrables sous 8 à 10 jours.



- Pour avoir du noir verni avec vitres latérales et lunette arrière fumées quel est le délai?



- Ho la la s’écria le vendeur, c’est une commande spéciale et il faut compter au moins trois mois.



- Trop long dit Franck, que proposez-vous?



- Le plus simple et le plus rapide est de repeindre complètement l’un
des modèles en stock, par contre impossible d’obtenir les vitres
fumées, elles doivent venir des USA et comme elles viennent à la nage
l’unité de mesure de délais est le mois. Mais il y a une autre
possibilité c’est le démontage de toutes les vitres et l’équipement
avec un film spécial qui a aussi l’avantage d’être anti effraction.

Je ne vous cacherais pas que tout cela représente un surcoût appréciable car pour faire un

travail propre il faut tout démonter.



- Puisque vous abordez le problème du prix dit Franck allons-y, je vais vous faire une offre.

Vous m’avez bien dit que les gris étaient en boite mécanique?



- Oui c’est bien cela monsieur.



- Alors voilà mon offre, je vous commande les 2 gris que vous
faites transformer comme je le désire au prix total de 760.000 Frs
et il faut que je puisse en prendre livraison immatriculés dans 3 à 4
semaines maximum.



Le vendeur regarda Franck avec un air bizarre, il se demandait sans doutes si l’offre était sérieuse.



- Il demanda il y a une reprise?



- Non dit Franck.



- Vous avez besoin d’un crédit?



- Non pas plus, le paiement se fera comptant.



Le vendeur réfléchit quelques instants, le prix des modifications en
prix de revient était inférieur au montant d’une éventuelle remise à
faire pour l’achat des 2 4X4.



- Je suis d’accord dit-il.



- Encore un détail dit Franck, comme les véhicules sont en stock et que
le délai ne concerne en somme que les modifications je vous demanderai
des pénalités de retard de 5% par semaine.



- Cela n’est pas habituel fit remarquer le vendeur.



- Peut-être mais c’est la condition pour la signature du bon de commande.



- Bien je réserve immédiatement les 2 véhicules, veuillez patienter une minute c’est juste une manipulation informatique.



Le vendeur se retourna vers Franck.



- Voilà c’est fait nous pouvons établir les bons de commande.



- Voici mes papiers dit Franck, par contre l’immatriculation se fera
dans le Loir et Cher car ils sont destinés à ma propriété qui est
située dans ce département, en voici l’adresse.



Les papiers furent complétés rapidement.



- Combien me versez-vous demanda le vendeur?



- 100.000 Frs dit franck en sortant deux liasses de billets de 500 Frs.



- Veuillez ranger ces billets immédiatement dit le vendeur qui était
devenu tout pale, à croire que l’endroit était infesté de voyous. Je
fais venir notre comptable.



Celui-ci apparut quelques instants plus tard et demanda à Franck de le suivre.



- Vous comprendrez qu’il n’est pas courant que nos clients payent avec
des liasses de billets même si la réglementation interdit ce genre de
transaction pour de telles sommes vous avez très bien pu faire
plusieurs versements et ainsi l’honneur est sauf. Vous ne voyez pas
d’inconvénients que je contrôle la somme et la qualité de ce paiement?



- Non absolument pas répondit Franck, c’est tout à fait normal.

Comme à l’agence immobilière le comptable fût satisfait du résultat de son contrôle.



Le comptable enregistra le montant sur un carnet à souches et tendit deux exemplaires à Franck.



- Voici il y a un exemplaire pour vous et un exemplaire pour le vendeur.



Le Comptable raccompagna Franck à la porte de son bureau qui donnait sur le hall.



- Voilà les papiers sont remplis dit le vendeur, juste quelques signatures et c’est fini.



Franck contrôla tous les éléments et détails de la commande puis il
apposa sa signature. Il nota mentalement de prendre contact avec son
assureur pour la propriété et les véhicules.

Le vendeur tout heureux de sa vente indiqua à Franck que les pleins,
les cartes grises et les vignettes étaient pour lui. Sur ce dernier
point cela ne lui coûterait pas trop cher car après le 15 août les
vignettes étant gratuites.



Le vendeur raccompagna Franck jusqu’à la porte avec force sourires et
courbettes, il venait sans doute de se faire un bon mois de salaire.



De retour à l’hôtel Franck passa un coup de fil à Mario pour lui donner
l’adresse de la propriété sans oublier de préciser qu’il y avait une
alarme sophistiquée et pour lui dire que les 4X4 étaient commandés.

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MessageSujet: Re: Panique a Saint Laurent...   Mar 17 Avr - 7:03

VI





Le jeudi suivant et avant l’heure habituelle Mario brancha le décodeur.
Avec une précision digne de l’horloge atomique, le téléphone sonna à
20H15.



- Bonsoir monsieur Camponi, quelles sont les nouvelles?



Mario expliqua et donna les derniers déroulements réalisés par Franck
et lui même, ensuite il communiqua les résultats de ses surveillances.
Une tranche horaire située entre 2h30 et 4h30 était calme avec
seulement quelques voitures particulières qu’il était de toute façon
facile de voir venir grâce aux phares. Dans cette tranche ni EDF ni
gendarmes. Pour moi la tranche entièrement en sécurité est celle de 3h
à 4h.



- C’est parfait monsieur Camponi pouvez-vous me donner l’adresse de la propriété ?



Mario donna l’adresse et les explications nécessaires pour la situer.



- Vous veillerez à faire rétablir la ligne téléphonique de la propriété
si elle a été coupée. Demain matin vous trouverez dans votre boite aux
lettres une enveloppe avec une clef de consigne ainsi que les clefs
d’une mallette. Comme la dernière fois vous irez à la gare d’Orléans
pour récupérer cette mallette. Elle contient les dossiers détaillés de
l’opération et elle est piégée c’est-à-dire que si une personne
essayait de l’ouvrir sans les clefs elle sauterait et surtout les
documents seraient entièrement détruits. Prenez connaissance du
dossier, réfléchissez à l’opération et cherchez les éventuelles failles.

Vous avez pu constater que je n’ai pas été avare pour les
investissements il me serait donc extrêmement désagréable de ne pouvoir
les rentabiliser. Nous devons absolumen át mettre toutes
les chances de notre côté. Seules les parties techniques de mise en
œuvre et action sont de votre ressort et de celle de votre équipe, le
reste est mon affaire mais votre avis de spécialiste m’intéresse.



Il n’y a pas de fax ce soir, je reprendrai contact avec vous jeudi prochain à la même heure. Bonsoir.



Et la communication fut coupée.



Mario ne voyait toujours pas où son mystérieux correspondant voulait en
venir ni comment il y avait possibilité de ramasser tant d’argent, mais
il serait sans doute renseigné dès qu’il serait en possession des
dossiers.



Le vendredi midi Mario était de retour avec la mallette. Il l’ouvrit à
l’aide des clefs qu’il avait laissées chez lui par mesure de prudence.
Elle contenait effectivement 2 épais classeurs l’un marqué actions
l’autre plans. Il y avait également une note qui indiquait comment
neutraliser le piégeage de la mallette. Mario commença par cette
opération un accident est si vite arrivé! Après cela Mario se prépara
une bonne dose de café avant de s’installer pour la lecture des
dossiers. Il allait enfin rentrer dans le vif du sujet.



A 16h il n’en était qu’au tiers, il avait un petit creux qu’il se
mit en devoir de combler avec une bonne tranche de terrine de lièvre et
un morceau de pain de campagne. En mâchant religieusement il réfléchit
à ce qu’il avait déjà lu. Le coup avait été étudié avec une précision
diabolique, rien n’avait été laissé au hasard même le côté
psychologique des éventuelles réaction avait été pris en compte.
C’était de la belle ouvrage tout du mois sur le papier. C’était mission
impossible et agence tout risques réunis mais en plus fou. Le pire
c’est que cela était d’une simplicité incroyable dès que l’on était en
possession de tous les éléments.



Après avoir englouti sa dernière bouchée il replongea dans les
dossiers et à 20h il avait terminé la dernière page. C’était vraiment
fou, énorme mais avec les moyens mis en œuvre et son équipe tout à fait
réalisable. Les seuls points qui n’étaient pas abordés étaient le jour
et l’heure de l’opération bien que pour ce dernier point il savait à
quoi s’en tenir. La somme demandée et les moyens de la récupérer
n’étaient pas précisés non plus. Mario ne se faisait pas d’illusions
car entre le montant de l’investissement et le montant des primes pour
les équipiers et pour lui la note serait extrêmement salée. A bien y
regarder ils avaient tous plus de chances de toucher leur prime que de
gagner au loto.



Pour le moment les risques de se faire prendre étaient inexistants.
Mario décida que sa journée du lendemain serait consacrée à la reprise
du dossier mais paragraphe par paragraphe avec étude des plans
correspondants. Il pourrait ainsi se mettre tous les détails en tête et
relever les éventuelles incohérences. Mario passa le reste de la
semaine à prendre des notes et à visiter les différents sites où devait
se dérouler l’action. Certains n’étaient pas accessibles jusqu’au
moment de l’opération mais comme il avait copie des plans officiels il
ne se faisait pas trop de soucis sur la véracité des informations.



Le vendredi matin il se rendit à la banque, il retira la mallette de
son coffre et remis 500.000 Frs dans le coffre. Les
3,5 millions que contenait la mallette seraient suffisants pour
que Franck puisse solder ses achats. Mario se rendit ensuite au Novotel.



Franck était déjà là accoudé au bar, ils se serrèrent la main et se
dirigèrent vers le restaurant où d’autorité ils prirent la table qu’ils
avaient déjà occupée.



- Alors commandant, quoi de neuf?



- Plein de choses et en premier lieu je possède les dossiers complets
sur les détails de l’opération, mais tu ne sauras rien tant que
l’équipe ne sera pas réunie au complet à la propriété.

Je suis quand même en mesure de te dire que c’est un travail de très
haute précision et que tu devras tenir tes gars fermement car aucune
dérive n’est permise. Je crois que le fait que tu aies réuni des gars
qui aillent par couple sera un bon atout. L’argent est dans la mallette
qui est à mes pieds, tu repartiras avec, il y a 3,5 millions de Frs. Le
reste de la somme que tu dois avoir de l’autre fois te servira pour
l’installation des gars et les premiers faux frais.



Ils déjeunèrent presque en silence et au café Mario demanda à Franck:



- Tu penses que les frères Martinez seront en France quand?



- Écoutez commandant je les fais prévenir dès que j’ai signé chez le
notaire c’est-à-dire cet après midi. Je devrai donc pouvoir les
récupérer lundi à Roissy. J’ai un numéro de fax ou les joindre et ils
me donneront la réponse sur mon fax à Paris.

Je les installerai dès que possible à la propriété puis nous irons
prendre livraison des 4X4. Après je me charge de récupérer le reste de
l’équipe. Je les ferai revenir par groupe de 2 et arrivés à Paris ils
seront dans des hôtels différents. J’irai ensuite les reprendre avec
les 4X4 et les frères Martinez puis direction immédiate la propriété.



- OK Franck je crois que ça colle comme cela. Encore une chose fait
immédiatement rétablir le téléphone fait établir les contrats d’eau et
d’éléctricité à ton nom, bref occupe toi des détails administratifs
pour que tout soit en ordre. Une fois que l’équipe sera réunie à la
propriété interdiction absolue de sortie pour les gars jusqu’à nouvel
ordre. Tu pourras juste utiliser les frères Martinez pour faire des
provisions de nourritures. Tu iras dans une grande ville. Orléans offre
un choix appréciable de grandes surfaces. Tu devras aussi acheter de
l’outillage. C’est pareil, les enseignes ne manquent pas à Orléans. Tu
achèteras de quoi monter un petit atelier de mécanique et
d’éléctricité. Ne rechigne pas sur la qualité nous ne pouvons pas nous
permettre de perdre du temps. D’après ce que tu m’as dit il y a un
atelier à la propriété il doit donc y avoir aussi de l’outillage.



Dernier détail si tu avais à me joindre depuis la propriété prends soin
d’annuler le bis sur le téléphone mais j’aimerais
mieux que tu utilises ton portable. C’est bien clair Franck?



- Oui commandant.



- Alors file et n’oublie pas le mallette, salut.

Mario prit la note et alla payer au bar puis il rentra chez lui.

Franck reprit sa voiture et se dirigea vers l’agence ou l’attendait Eléonore. De là ils devaient repartir chez le notaire.

Le notaire Maître Flanchet les reçut immédiatement. Grand, petite
quarantaine, plus style cadre commercial qu’homme de droit poussiéreux.



Il rentra tout de suite dans le vif du sujet.



- Madame De Paria m’a expliqué vos impératifs, je ne suis pas contre
mais vous comprendrez que je sois dans l’obligation de prendre
certaines précautions pour préserver l’intérêt de toutes les parties.
Voici les actes, ils sont préparés, vous pouvez en prendre connaissance
mais avant de signer nous irons à ma banque avec laquelle j’ai pris
rendez-vous pour que vous puissiez effectuer votre règlement. Cela ne
vous dérange pas j’espère?



- Non pas du tout, allons-y.



- Suivez moi nous prendrons ma voiture.



Le banquier qui les reçut les fit rentrer tout de suite dans le bureau
du caissier principal où trônait une machine à compter et contrôler les
billets.



Franck ouvrit la mallette et commença à sortir les liasses de billets
nécessaires. Un sourire apparut sur les lèvres du directeur sans doute
déjà rassuré par la présence des bandes de garantie de la Banque de
France.



Les liasses furent introduites dans la machine qui commença son
travail. L’opération fut très rapide et la machine ne remarqua rien de
suspect. Le caissier contrôla tout de même des billets avec sa liste de
vol au cas où! Mais là encore rien.

Les bordereaux furent établis et remis à Franck ainsi qu’au notaire.



De retour à l’étude Franck fut en mesure de signer les papiers qui le
rendait définitivement propriétaire. Eléonore lui remit les clefs ainsi
que tous les boîtiers de commande du portail et les codes des alarmes.



En quittant le notaire ce dernier dit à Franck :



- Vous avez fait une excellente affaire. En d’autres circonstances
cette propriété se serait vendue 1 million de plus et encore vide. Vous
avez eu de la chance d’être là au bon moment.



Eléonore et Franck repartirent vers l’agence où ils se séparèrent.



Franck se rendit immédiatement à la poste centrale et libella un
message par fax pour les frères Martinez. Il quitta la poste muni de
son accusé de réception, reprit sa voiture et rentra à Paris.



A 23h Franck était à son bureau lorsque son fax se mit en marche. Le
message venait des frères Martinez qui donnaient le lieu et l’heure
d’arrivée.

Comme prévu Franck récupéra les 2 frères, ils prirent immédiatement la route pour se rendre à la propriété.

Ils s’arrêtèrent à Orléans pour faire des provisions. Franck reprit
ensuite le volant. Alors que jusqu’à présent les dialogues avaient été
très limités, Jean-Paul Martinez se manifesta.



- Au fait Franck, c’est quoi ton coup ? Pour le moment nous suivons
parce que c’est toi mais franchement tu as été assez avare pour les
informations.



- Mettons les choses au point les gars, pour le moment c’est mission
ultra secrète je donne les ordres et vous exécutez. Une information
tout de même, votre part pour le coup c’est 10 millions par tête
de pipe et vous aurez d’autres informations lorsque je le jugerai
utile. C’est du travail de pointe et je ne supporterai aucune dérive.
Vous désirez continuer ou vous arrêtez?



- Non franck ne te fâche pas c’est normal de vouloir des informations
d’autant plus que l’opération ne sera certainement pas garantie par le
gouvernement...



- Vous pourrez poser des questions lorsque toute l’équipe sera réunie
et quand nous aborderons ensemble la décomposition du projet, C’est
bien vu?



- OK Franck c’est vu nous sommes aux ordres...



- Écoutez moi les gars, inutile de jouer les pucelles contrariées, à
10 briques lourdes par personne vous devez bien vous douter que ce
n’est pas pour voler des pommes dans le verger du coin et puis je suis
dans le coup et si j’y suis c’est pas pour perdre mon temps. Au fait
votre première mission est de contrôler le reste de l’équipe vous serez
chef de groupe et serez chargés de faire respecter les ordres et la
discipline en mon absence.



Du coup chacun s’enferma dans un silence profond.

Lorsque Franck déclencha l’ouverture de la grille avec sa télécommande
et que sa voiture s’engagea sur le chemin l’atmosphère se détendit tout
à coup.

Lorsque la maison apparue des sifflements fusèrent.



- Houaaa c’est chouette c’est à qui le château des mille et une nuits ?



- C’est à moi dit Franck mais c’est surtout notre Q.G. pour l’opération.

Bon vous allez vous installer et préparer les piaules pour le reste de
l’équipe qui arrivera vers la fin de semaine. Interdiction absolue de
sortir de la propriété sans mon autorisation, mais vous verrez il y a
de quoi s’occuper.

Demain nous irons chercher des véhicules et je ferai rebrancher la ligne téléphonique.

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MessageSujet: Re: Panique a Saint Laurent...   Mar 17 Avr - 7:04

VII



Franck et les frères Martinez s’installèrent puis ils firent le tour de la propriété.

Les grillages étaient hauts, solides et en très bon état.

Ils ne repérèrent aucune tentative d’intrusion, ils étaient vraiment dans un camp retranché.



Camp de grand luxe fit remarquer Jean-Paul Ë, si je devais
être enfermé j’aimerais bien que ce soit ici. En fait il ne manque
qu’un Harem.



Pas question les gars car si personne ne doit sortir sans mon autorisation, personne ne doit rentrer non plus.



Franck prit la chambre à côté du bureau et les frères Martinez prirent
l’autre. L’encadrement se trouvait ainsi au rez de chaussée, au poil
pour la surveillance.

Le soir ils dînèrent puis ensuite les frères Martinez partirent pour essayer le billard.



De son côté Franck sortit pour passer un coup de fil à Mario.



- Bonsoir commandant c’est Franck, tout est en ordre ici nous sommes
installés. Demain matin je me charge de la ligne téléphonique et de la
mise à mon nom des contrats. L’après midi j’irai avec les deux frères
récupérer les 4X4, je rentrerai ensuite sur Paris pour prendre le
premier avion disponible.



- Parfait Franck, tu me recontactes dès que tu es de retour à la propriété avec l’équipe au complet.



- Bien commandant c’est comme si c’était fait.



- Même si tout se déroule bien reste sur tes gardes.



- Bonsoir commandant.



Après avoir raccroché Franck rejoignit les frères Martinez. Il
alla dans le salon de musique mit un disque puis il s’installa dans un
fauteuil pour décompresser. Franck ferma les yeux et se laissa bercer
par la mélodie.



Le lendemain Franck appela Toyota pour savoir s’il pouvait passer prendre livraison dans l’après midi.

La réponse fut affirmative mais pas avant 16h.

Franck nota, remercia et indiqua qu’étant donné les modalités de règlement il serait là avant.



Après avoir pris un bon petit déjeuner avec les deux frères, il prit la
route en direction de Blois afin de régler au plus vite les problèmes
administratifs. Les démarches furent effectuées en un temps record, du
coup il fut de retour à 12h30.



Après déjeuner ils partirent tous les trois pour prendre livraison des 4X4.



A 15h30 Franck et les 2 frères entrèrent à la concession Toyota. Ils furent accueillis par le vendeur avec un large sourire.



- Venez les voir, ils sont prêts ; ensuite nous terminerons la paperasserie.



Les deux véhicules avaient été mis côte à côte en bout de vitrine, ils
étaient immatriculés, les vignettes étaient apposées ; ils étaient
absolument magnifiques. Le noir verni plus les films sur les vitres
donnaient une touche de luxe discret.



- Parfait dit Franck puis en montrant sa mallette au vendeur

nous allons voir votre comptable pour le solde!



- Oui bien sûr allons-y.



L’opération fut réalisée rapidement et comme la banque avait confirmé
la qualité des billets du premier versement l’ambiance était à la
décontraction. De retour au bureau du vendeur la signature des derniers
papiers fut expédiée en un temps record,

remise des livrets, des cartes grises, des certificats de vente, des talons de vignette.



Le vendeur passa un coup de fil et demanda à ce que les deux véhicules soient sortis.





Franck profita de ce moment pour passer lui aussi un coup de fil mais à
son assurance pour prévenir de la livraison ; ayant une confiance
relative dans les assurances, il demanda s’il était possible d’avoir un
fax de confirmation. Le courtier lui affirma que oui mais que de son
côté il devait passer copie des cartes grises.



Franck demanda au vendeur s’il était possible d’utiliser son fax?



Cette possibilité lui fut bien sûr accordée et l’échange de fax se réalisa en moins d’une heure.



Le vendeur indiqua à Franck que la première révision devait être faite entre 1500 et 2000 KM.



Comme Franck ne connaissait pas la date de l’opération, il décida que
le plus tôt serait le mieux. Il avait déjà une idée en tête.



Le vendeur dit à Franck que de toute façon il pourrait apporter les véhicules sans rendez-vous ; ils seraient pris en priorité.

Franck rejoignit les frères Martinez qui attendaient à côté des 4X4.



- Bon vous avez les clefs et leurs doubles, tous les papiers ?



- Oui Franck.



- Bon alors vous prenez le volant et vous me suivez direction la propriété.

Les 4X4 furent rentrés au garage ; ils s’installèrent et Franck donna ses instructions.



- Moi je repars tout de suite après mes consignes. Le téléphone sera
rétabli demain ou après demain mais interdiction de l’utiliser.

Demain vous prendrez la route ensemble chacun avec un 4X4. Vous
prendrez l’autoroute à Orléans et de là vous filerez à Paris. Vous
prendrez ensuite l’autoroute du sud jusqu’à Marseille. Le soir vous
dormirez au Novotel d’Aubagne puis le lendemain vous rentrerez à la
propriété. Pas d’excès de vitesse 90/100 Km/h jusqu’à Paris puis
ensuite 110/120 jusqu’à Marseille.

Au retour interdiction de dépasser le 130. Vous noterez toutes les
éventuelles anomalies. Vous attendrez ici mon coup de fil. Je vous
donnerai des instructions pour venir récupérer le reste de l’équipe à
Paris. Voici du liquide pour vos frais et pour un imprévu. Pas question
d’aller draguer à Marseille ou de faire copain copain avec les gars de
la légion qui viennent faire un tour au Novotel, bref discrétion de
rigueur.



Avant de partir Franck passa un coup de fil au service réservation lié
à sa carte de crédit et il demanda un billet d’avion pour le lendemain.



L’hôtesse lui confirma qu’il était possible d’avoir un billet dans l’avion de 14h40 en partance de Roissy.



Franck demanda à ce que le billet lui soit livré à son adresse.

Ce service fonctionnait très bien et avait l’avantage même si le coût
en était élevé d’avoir toujours la possibilité d’avoir une place que ce
soit dans un avion ou à un spectacle.



Après avoir dit au revoir aux frères Martinez, Franck prit la route pour Paris tranquille quant à la suite des opérations.





Son voyage se déroula bien ; il retrouva facilement les Bartoldi et les
Alsaciens. Pour les deux derniers ce fut plus long mais le lendemain
soir tout le monde était réuni.



Franck s’occupa des billets d’avion. Les deux premiers partirent par un
vol du matin, deux autres par le vol du soir et les deux derniers par
le vol suivant du matin. Chaque groupe devait prendre un hôtel
différent une fois à Paris. Franck donna à chacun 10.000 Frs et
son numéro de portable.



Dès leur arrivée à Paris, ils devaient prendre contact avec Franck et dire où ils se trouvaient.



Franck laissa encore des consignes de prudence et leur donna
rendez-vous à Paris. Il les quitta car il voulait absolument pouvoir
reprendre le vol du soir pour Paris.



De retour chez lui il prit contact avec Mario pour le tenir au courant
et il indiqua que tout devrait être en place à la propriété à la fin de
la semaine.

Mario le remercia et ils se quittèrent.

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MessageSujet: Re: Panique a Saint Laurent...   Mar 17 Avr - 7:04

VIII





Le jeudi soir comme d’habitude Mario avait branché le décodeur et comme
d’habitude la sonnerie se manifesta à l’heure pile. Il décrocha
l’appareil.



- Bonsoir monsieur Camponi, où en est votre équipe?



- Pour le moment bien, tout le monde sera réuni dans la propriété à la fin de la semaine.



- Bien avez-vous étudié de près mon dossier?



- Oui bien sûr et j’ai noté qu’il manquait certains détails au sujet des équipements et des explosifs.



- C’est tout à fait normal et voulu. Vous irez demain récupérer par la
méthode habituelle le dossier technique. Avez-vous relevé des
contre-indications ou des anomalies?



- Non absolument rien, tout à l’air d’avoir été prévu, le seul risque
est de faire une rencontre imprévue dans le temps donné pour
l’opération.



- Bon récupérez demain le dossier technique, étudiez-le bien et ensuite
nous verrons pour la date d’exécution. Pas de fax ce soir, bonsoir
monsieur Camponi.

Et la communication fut coupée.

Comme la foi précédente Mario trouva une enveloppe dans sa boite aux
lettres. Il récupéra une mallette piégée et revint chez lui. Les
dossiers étaient aussi importants que les premiers.

Mario commença immédiatement la lecture. C’était pire que la notice
d’entretien d’un Air Bus, tout était listé avec index et reports aux
plans et sauf de ne pas savoir lire il était difficile de ne pas
comprendre.



Le travail était mâché, Mario ne vit aucunes anomalies dans ce dossier et même le découpage des opérations était notifié.

Tout cela faciliterait grandement le passage des informations à Franck et à ses gars.





Franck de son coté avait reçu un appel téléphonique des différents
groupes qui étaient arrivés à Paris. Il prévint les frères Martinez
d’effectuer le ramassage et de rapatrier le tout à la propriété. Il
donna les adresses des hôtels et indiqua qu’il serait lui même à la
propriété dimanche. Ensuite il fit son rapport à Mario. Ce dernier
demanda à Franck de passer chez lui dimanche soir pour lui donner les
dernières nouvelles.

Le dimanche midi Franck arriva à la propriété.



- Bonjour les gars, vous avez fait connaissance et vous êtes tous installés?



- Oui Franck fut la réponse collective exclamée avec un air joyeux.



- C’est parfait, pour le moment vous avez quartier libre c’est à dire
que rien n’est prévu pour dans l’immédiat et que vous pouvez vous
reposer. Vous le savez déjà car les frères Martinez ont dû vous en
parler, il y a interdiction absolue de sortir de cette propriété sans
mon autorisation.

Au fait les 4X4 c’est OK?



- Parfait Franck de vrais horloges.



- Alors vous irez demain chez Toyota pour la révision, après vous irez
aux ravitaillement. Au fait il y a deux cartons dans ma voiture, sortez
les et mettez les dans le bureau.



Après déjeuner Franck passa une bonne partie de l’après midi à faire le tour complet de l’atelier.



Celui ci était divisé en 3 parties.

La première était consacrée au jardinage, un véritable rêve de
jardinier, il y avait du taille haies à la tronçonneuse en passant par
la débroussailleuse, une énorme tondeuse auto portée, un mini tracteur
avec ses accessoires, une multitude d’outils à main soigneusement
rangés.

Le second était consacré à la menuiserie et le troisième pour la mécanique.



Il y avait vraiment tout pour travailler, de véritables usines
miniatures. Que de l’outillage professionnel plus de la matière
première un paradis pour bricoleur qui avait dû faire la fortune d’un
représentant en outillage.



Le soir après dîner Franck se rendit chez Mario.

- Bonsoir commandant.



- Bonsoir Franck, rentre et ferme la porte.

Franck suivit Mario jusqu’au salon où il s’installa dan un fauteuil.

Attends une minute dit Mario je vais chercher la bouteille que j’ai mise au frais.

Il revint rapidement avec un seau à glace où reposait un bouteille de Roederer cristal et deux verres.

Une fois la bouteille débouchée et les verres remplis, Mario tendit à Franck le premier dossier.



- Lis ceci, après il y en a d’autres. Je te les présente dans l’ordre
où je les ai consultés, ne pose pas de questions nous verrons après.

Franck regarda Mario, prit son verre, but une longue gorgée en ayant
l’air de réfléchir puis il reposa son verre et se lança dans la lecture
du premier dossier.

Franck lisait très rapidement, Mario observait Franck et il notait
mentalement les changements d’expression du visage au fur et à mesure
que la lecture avançait et qu’il découvrait les détails de l’opération.

Franck reposa doucement le dernier dossier sur la table, il passa ses deux mains sur son visage puis releva la tête vers Mario.



- Dites moi commandant, vous avez ces dossiers depuis longtemps?



- Assez pour avoir eu le temps de contrôler certains points. Alors quel est ton avis?



- C’est vraiment gonflé et ça a été remarquablement étudié.

A lire c’est très simple et avec les moyens en hommes et en matériel
que nous avons je ne vois rien qui cloche. Il y a encore des trous par
exemple pour les explosifs et la fin de l’opération, je suppose que
c’est voulu et qu’il y aura la même précision.



- Je le crois aussi. Bon pour le moment tu prends le dossier qui
concerne la programmation des portables et tu mets tes gars dessus
ensuite tu me donneras le tableau correspondant. Au fait toutes les
manipulations devront se faire avec des gants, tu achèteras des modèles
fin jetables pour le bricolage.



- Commandant à votre avis pourquoi personne n’a jamais essayé un coup pareil ?



- Bonne question je me la suis posée. Je crois que cela a dû être
envisagé mais pour réussir, il fallait avoir accès à des informations
qui ne sont pas à la portée de tout le monde, ensuite comme tu as pu le
constater l’investissement est très important et pour finir d’après ce
que je sais seul notre objectif possède une particularité topographique
qui n’existe pas ailleurs. Franchement y penser c’est bien, mais être
en mesure de mettre au point tous les détails comme c’est le cas
demande du temps et intellectuellement n’est pas à la portée du premier
venu.

Bon je te laisse rentrer, tu mets tes gars au travail et tu me donne le tableau de programmation le plus vite possible.



- Bien commandant vous aurez cela mardi soir. Bonne nuit.



- Bonne nuit Franck et à mardi.

Mario referma la porte à clef au moment où le téléphone sonna.



- Bonsoir monsieur Camponi, veuillez mettre le codeur.

Mario exécuta la manœuvre.



- Parfait, cet appel n’était pas prévu, mais vous ne m’avez pas donné
le téléphone de la propriété ! Pouvez vous me le communiquer?

Mario donna le numéro demandé.



- Merci monsieur Camponi, prévenez vos amis qu’ils ne se couchent pas trop tôt, ils vont avoir une livraison.

Bonsoir monsieur Camponi et à jeudi.

Mario raccrocha et éteignit le codeur, ensuite il appela Franck sur son portable pour le prévenir de la dernière information.

Dans la nuit à 2H30 le téléphone sonna à la propriété. Franck et les frères Martinez étaient restés de veille.

Franck décrocha rapidement pour ne pas réveiller les autres.



- Bonsoir monsieur, il y a un gros colis à l’entrée devant le portail,
veuillez le rentrer rapidement, au revoir ; et le clac résonna dans les
oreilles de Franck, le correspondant avait raccroché.



- Allez les gars au travail, on prend un 4X4.

Après ouverture du portail ils découvrirent un grand Van tout neuf.



- Merde on n’a pas de boule d’attelage dit Franck.

rentrons le à la main, nous verrons ensuite.

Le Van fut tiré à l’intérieur et le portail refermé.



- Paul tu vas chercher le tracteur il a une boule et tire le Van dans un box.

20 minutes plus tard le Van était à l’abri, Franck ouvrit l’arrière du Van. A l’intérieur il y avait des caisses.



- Déchargez moi cela et mettez les dans l’atelier mécanique.

La première caisse contenait de curieux pistolets équipés de lunettes, le tout d’un modèle inconnu.



- Qu’est ce que c’est demanda Jean-Pierre?



- Vos armes dit Franck, des Schlauters 100, je vous expliquerai plus tard.

La deuxième caisse contenait des combinaisons et des cagoules noires.
Enfin la troisième, des coffrets électriques étanches, des batteries de
moto, du matériel électrique divers, des détonateurs électriques et
divers boites au contenu indéfini.



- Alors c’est quoi ces flingues demanda Jean-Pierre?



- Vos armes de neutralisation en cas de rencontre avec des personnes qui ne devraient pas être là.

Modèle pneumatique modifié pour tirer des fléchettes anesthésiantes à
action foudroyante. Les lunettes ne sont pas à visée laser car le spot
est repérable. Nos lunettes sont à générateur de spot infra-rouge, non
visible à l’oeil nu et l’optique est traitée pour pouvoir le visualiser.

Très bonne précision à 25 mètres, double charge CO2 mais obligation de
toucher le cou pour que l’action du produit soit foudroyant.

Vous avez des recharges de gaz et des munitions d’entrainement pour la prise en main.

Pour le reste du matériel je n’ai pas d’informations alors on ne touche à rien.

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MessageSujet: Re: Panique a Saint Laurent...   Mar 17 Avr - 7:06

IX





Le soir suivant à la même heure le téléphone sonna et le correspondant annonça qu’il y avait encore un colis à rentrer.

Franck prit tout de suite le tracteur au cas où. Il avait bien fait car
un Van identique à celui de la veille était là. Franck attela et remisa
le Van dans un autre box.

Ce Van contenait aussi 3 caisses, sur la première il y avait une
pochette documents. Franck sortit un livret, il l’ouvrit et en première
page il y lut “INSTRUCTIONS A SUIVRE A LA LETTRE”



Ne pas ouvrir les caisses avant lecture complète des instructions suivantes.



Pour commencer veuillez si ce n’est pas déjà fait vous rendre au garage
Toyota et faire équiper les 4X4 d’attaches remorque pour tracter les
Vans. Vous ferez aussi réaliser les plaques d’immatriculation que vous
installerez sur les Vans.

Franck se mit ensuite à la lecture du document qui concernait les explosifs.



Dans la première caisse, vous trouverez des bouteilles de lait avec des
bouchons à vis bleu. Ces bouteilles contiennent le premier élément
liquide de l’explosif.

Dans la deuxième caisse vous trouverez également des bouteilles mais avec bouchons rouge, elles contiennent un catalyseur.

Ces 2 produits sont sans danger pris séparément.

Dans la troisième caisse il y a des flacons d’un demi litre vides.



Pour commencer vous récupérerez tous les bouchons des flacons vides.

Dans chaque bouchon vous ferez au centre un trou correspondant au
diamètre des détonateurs. Dans chaque bouchon vous enfoncerez un
détonateur au 3/4 et vous assurerez la fixation à l’aide d’une colle
silicone.

Vous prendrez ensuite un récipient capable de recevoir le contenu de deux flacons.

Vous verserez en premier une bouteille avec bouchon bleu et ensuite une bouteille avec bouchon rouge.

Inutile de mélanger, attendre une minute maximum et transvaser le
mélange dans les demis bouteilles et revisser les bouchons équipés des
détonateurs.



Le mélange va épaissir et atteindre la consistance d’un produit
d’étanchéité silicone en 24h, la partie active du détonateur se trouve
ainsi emprisonné.

Le produit est très stable mais réalisez les opérations dans un local très aéré bien sûr interdiction de fumer à proximité.

Le récipient qui aura servi au mélange devra être enterré profondément.
Pour les bouteilles de lait vous pourrez les mettre avec vos ordures
ménagères, mais attention uniquement par petite quantité et sans jamais
mélanger les couleurs c’est à dire en premier lieu les bleus et avec un
laps de temps d’au moins quinze jours les rouges.



A 9h30 Franck donna ses instructions, en premier lieu les frères
Martinez iraient chez Toyota pour faire poser les attaches remorques,
le reste de l’équipe se chargerait de la préparation des explosifs.
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MessageSujet: Re: Panique a Saint Laurent...   Mar 17 Avr - 7:07

X





Franck appela Mario de son portable et lui demanda s’il pouvait venir le voir ?



Rendez-vous fut pris pour le midi ; ils pourraient ainsi déjeuner
ensemble et franck pourrait apporter le tableau de programmation des
portables.

Lorsque Franck arriva chez Mario ce dernier avait déjà mis la table. Il
avait préparé un superbe cassoulet (une envie soudaine) qui terminait
de gratiner dans le four.

Mario alla ouvrir et fit entrer Franck.



- Mets toi à l’aise et passe dans la salle à manger, nous prendrons l’apéritif en attendant que le repas soit prêt.



- C’est quoi commandant ? Parce que si c’est à la hauteur des effluves
qui chatouillent mes narines j’ai hâte de jouer de la fourchette.



- Ne t’inquiète pas j’ai fais comme pour moi c’est te dire que tu ne mourras pas de faim.

Ils éclatèrent de rire car Franck savait très bien que Mario avait un gros péché, c’était la gourmandise.

Pendant le repas Franck donna à Mario les informations sur ce qui se passait à la propriété.



- Pas de problèmes entre tes gars ?



- Tout est parfait, pour le moment ils s’entendent bien car ils ont des
souvenirs communs et puis ils sont motivés. La propriété pour eux c’est
le paradis ou presque, cela change des planques dans des bouis-bouis
infâmes. Au fait commandant voici la liste de programmation.



- Merci Franck, tu as fais des essais ?



- Bien sûr et cela marche au poil.

Le repas se déroula presque en silence. C’était un état de communion
entre les hommes et la nourriture. Bon un cassoulet ce n’est pas un
turbo poché sauce Hollandaise, cela pèse sur l’estomac, un bon
café puis un digestif ne furent pas de trop pour éviter
l’endormissement. Ils se quittèrent vers 16h.

A 21h le téléphone de Mario sonna.



- Bonsoir monsieur Camponi, veuillez brancher le codeur.

Comme d’habitude Mario exécuta l’opération et retrouva la voix de son correspondant.



- Alors avez-vous avancé ?



- Oui tout est en place et j’ai eu à midi la liste des appareils avec le tableau de programmation.



- Bien, veuillez me communiquer ces informations.

Mario prit la feuille remise par Franck et donna les renseignements demandés.



- C’est parfait et c’est tout pour le moment, laissez le codeur branché
je vous passerai un fax cette nuit avec d’autres éléments sur
l’opération. Bonsoir monsieur Camponi ; et la communication fut
coupée.



Mario était fébrile, le moment de l’opération approchait et il allait
avoir peut être les dernières informations qui boucleraient le dossier.

Lorsque Mario descendit le lendemain matin, il fut déçu de ne trouver qu’une seule page sur le fax.



- Alors monsieur Camponi, passé une bonne nuit? Je l’espère car l’heure
de l’action est proche et vous aurez besoin d’avoir les idées claires
pour finir les travaux de préparation.

Vers 8H vous devriez avoir un dossier dans votre boite aux lettres, ce sont les avants dernières instructions.

Bonne lecture et à bientôt.



Il était 8H30, Mario se rendit à la boite aux lettres et y trouva
effectivement un gros dossier parfaitement emballé dans du papier kraft.

Une fois rentré, Mario décida de commencer par son petit déjeuner avant
d’entamer la lecture du dossier. Après avoir avalé la dernière goutte
de café, il décida de repousser encore la lecture après une bonne
douche. Il avait besoin de se détendre.

L’estomac calé, frais et dispo après sa douche, il était fin prêt pour entamer la dernière ligne droite.

3H furent nécessaires pour venir à bout du dossier.

Effectivement Franck et son équipe avait encore du pain sur la planche
pour mettre en place les derniers éléments de l’opération.



Mario passa un coup de fil à Franck et lui demanda de passer le soir.

Franck arriva vers 20h.



- Pas de petits plats dans les grands, ce soir est une soirée travail sérieux alors sandwichs et canettes de bière.



- Bien commandant cela veut dire qu’il y a du nouveau ?



- Oui Franck et du travail précis pour toi et tes gars, lis moi cela.



Franck lut le dossier rapidement, il était tellement imprégner de
l’opération que tout se mettait automatiquement et rapidement en place
dans sa tête.



- Pas de problèmes commandant c’est à réaliser avec minutie mais en
fait rien de très compliqué pour nous. Le plus difficile en fait sera
le repérage pour l’implantation des appareils c’est à dire des
kilomètres et du temps. Il n’est pas question de faire cela avec les
Toyota ils sont trop repérables. J’irai à avec ma voiture et les frères
Martinez. Si nous préparons le travail avec des cartes IGN nous
devrions pouvoir gagner du temps. Contrôler sur place sera plus simple
et nous limiterons les chances d’attirer l’attention. A mon avis nous
devrions avoir terminé le travail sur cartes demain midi, demain après
midi repérage terrain et après demain soir mise en place des
équipements. Les gars à la propriété ont ainsi le temps de finir de
préparer le matériel. Ça doit coller commandant.



- Bon Franck alors tu files et tu mets tout en place, je ne te cache pas que j’ai hâte que les choses sérieuses commencent.



- Moi aussi commandant, je vous laisse, bonsoir commandant.



Le lendemain matin Franck réunit son équipe.

- Messieurs aujourd'hui il y a du travail de préparation en
perspective. Jean-Paul, les frères Bartoldi, Jean, René et Hans, vous
restez ici pour monter les équipements suivant les

instructions. Jean-Pierre et Karl vous venez avec moi nous sortons en
repérage. Jean-Paul voici le dossier technique de ce qu’il y a à
préparer. Attention faites bien le tour de la question avant de
commencer les travaux sinon c’est la catastrophe. Pas question de
confondre vitesse et précipitation c’est bien vu?



- OK Franck on va te les soigner tes jouets intervint Hans.



- Ne rigolez pas les gars car si ces équipements ne fonctionnent pas,
toute l’opération tombe à l’eau, et vu les investissements je ne crois
pas que notre commanditaire prendra cela à la rigolade et je dirais
même que nous risquons plus qu’une engueulade.



- Te fâche pas Franck c’était pour détendre l’atmosphère.



- Alors au travail. Jean-Pierre, Karl en voiture.

Après être sorti de la propriété Karl demanda :



- On va faire quoi au juste?



- Oh rien de bien compliqué, juste trouver de bons emplacements pour
installer une partie des équipements qui vont être montés par vos
copains. Le problème est de concilier plusieurs impératifs.
Premièrement trouver la meilleure zone de couverture pour les trois
opérateurs de mobile c’est à dire Itinéris, Bouygues et SFR.
Deuxièmement trouver un bois pas trop fréquenté dans cette même zone
mais assez facile d’accès, et pour finir dénicher un arbre bien haut
bien touffu que l’on puisse escalader pour aller planquer les
équipements en haut.

Il faut trouver deux sites différents assez éloignés l’un de l’autre.
Pour moi là où il y a la meilleure couverture pour les mobiles c’est en
bordure d’autoroute. Nous allons prospecter l’axe Orléans Tours puis
ensuite l’axe Orléans Bourges mais par les nationales qui sont
parallèles aux autoroutes. Prenez bien vos repères visuels en fonction
des cartes car nous devrons retrouver les zones de nuit et pas question
de tourner en rond afin de retrouver nos arbres, nous risquerions de
nous faire repérer.



L’emplacement du premier équipement fut trouvé au nord de la commune de Ménars, le deuxième à la sortie de Salbris.

Cette recherche demanda presque la journée et c’est en fin d’après midi que Franck rentra à la propriété.



Franck retrouva le reste de l’équipe en pleine discussion dans la salle
de billard, l’enfermement commençait à peser sur le moral des troupes.



- Bien messieurs puisque vous avez besoin d’exercice, cette nuit vous
serez de sortie. Il y aura deux équipes, la première sera constituée
des frères Bartoldi, de Jean-Pierre et de Hans. La deuxième comprendra
Jean, Romain, Karl et Jean-Paul. Jean-Pierre et Karl connaissent chacun
leur objectif, vous serez donc à leurs ordres. Pour ce soir, repas
léger, repos et départ à minuit pour tout le monde. Le mode opératoire
sera le suivant : pour chaque équipe il y aura une personne en
surveillance du 4X4 une personne qui montera dans l’arbre une personne
qui sera au pieds de l’arbre et qui passera les équipements à celui qui
sera dans l’arbre avec un corde, et pour finir le quatrième sera chargé
de la surveillance du site.

Les équipements sont prêts?



- Oui bien sûr c’était pas très compliqué.



- Bon alors apportez-moi les équipements FAX 1 et FAX 2.

Jean-Paul qui avait supervisé le montage du matériel donna à Franck ce
qu’il avait demandé, et il ne put s’empêcher de poser la question qui
lui démangeait la langue.



- A quoi cela va servir ces montages?



- Bonne question répondit Franck, en principe cela va être utilisé pour
poser les conditions de négociations dès que notre coup de main sera
réalisé. Notre commanditaire aura un ordinateur portable relié à un
téléphone mobile. Vous vous souvenez que vous avez programmé des
appareils téléphoniques mobiles de façon à réaliser des transferts
d’appels?



- Oui bien sûr.



- Hé bien, de son téléphone mobile le patron appellera le premier
numéro qui sera orienté vers le deuxième, lui-même orienté vers le
troisième et ce dernier orientera la communication vers un fax qui
recevra un message fourni par l’ordinateur. Avantages, multiplication
des liaisons, rapidité de l’envoi du texte d’où extrême difficulté pour
remonter à la source de l’appel grâce au jeu des renvois et à la
multiplicité des opérateurs téléphoniques. Comme le système est doublé,
il ne doit pas y avoir de problèmes. C’est pas génial ?



- Si, c’est bien vu, répondit Jean-Paul, mais pourquoi planquer l’attirail dans les arbres ?



- Parce qu’il est éventuellement possible de connaître l’emplacement
d’un appareil grâce au relais qui a servi à la dernière liaison, donc
d’avoir une approximation géographique et de resserrer le filet pour
retrouver l’appareil. Voilà pourquoi ils sont planqués en haut des
arbres, et avant d’aller les chercher il passera de l’eau sous les
ponts. Bon je vais essayer les transferts.



Franck prit son portable puis il composa le premier numéro. Tous les
transferts furent réalisés et il tomba sur le signal sonore qui
correspondait à un fax. Il coupa la communication et réalisa la même
opération avec l’autre installation qui fonctionna aussi parfaitement.



- Bien cela fonctionne au poil, allons casser la croûte puis reposez-vous avant de prendre la route.

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MessageSujet: Re: Panique a Saint Laurent...   Mar 17 Avr - 14:11

XI





A minuit Franck donna le signal du départ.



- Pour plus de sécurité chaque équipe prendra des pistolets
anesthésiants de façon à faire face en cas de rencontre imprévue.
Attention si vous devez utiliser les armes n’oubliez surtout pas de
récupérer les fléchettes, inutile de laisser des indices.



La troupe acquiesça et se mit en route en silence.

Franck profita de sa tranquillité pour revoir le dossier et
particulièrement la partie qui concernait la suite de l’opération. Il y
avait de fortes chances pour que l’action se passe dans un avenir très
proche.

Franck se réveilla à 8h, il trouva tout le monde attablé devant un copieux petit déjeuner.



- Bonjour les gars comment cela s’est passé ?



- Très bien dit Jean-Paul, pas un pèlerin, nous aurions eu plus de
chance de croiser quelqu’un dans le désert de Libye que dans le coin où
nous sommes allés. Je crois que le matériel est en bonne place.



- Parfait. Les frères Martinez vont vous mettre au courant du
déroulement de la suite de l’affaire ainsi que des détails
techniques des plans etc... Après, vous verrez entre vous pour former
les équipes en fonction de vos capacités. Nous nous reverrons en fin
d’après midi pour faire le point.

Franck fit demi tour et se dirigea vers sa chambre, il prit son
portable pour appeler Mario et le teint au courant des événements de la
nuit.



Mario dut attendre le soir pour que son mystérieux correspondant donne signe de vie.

Le décodeur était branché, et à l’heure habituelle le téléphone sonna.



- Bonsoir monsieur Camponi, quelles sont les nouvelles?



- Les équipements téléphoniques FAX 1 et FAX 2 sont en place et
fonctionnent correctement, nous pouvons donc aller plus loin dans le
déroulement des opérations.



- C’est parfait mais je dois encore régler un problème de météo, dès
que ce sera fait je vous donnerai de nouvelles instructions par fax,
normalement demain soir. N’oubliez pas de brancher votre décodeur.
Bonne soirée monsieur Camponi.

La journée suivante fut éprouvante pour Mario, il tournait en rond
comme un ours en cage et le temps s’écoulait avec une lenteur
exaspérante. Heureusement que Mario était seul car à partir de 19h il
n’était plus à prendre avec des pincettes. C’est seulement à 20h30 que
le téléphone sonna. Le fax se déclencha et le papier commença à se
dérouler.



Après avoir craché une feuille, la communication fut coupée.

Mario découpa correctement la pages puis il commença la lecture.



- Bonsoir monsieur Camponi.



L’opération sabotage devra se dérouler dans la nuit de dimanche à lundi prochain entre 3h et 4h du matin.

Une fois l’implantation terminée, votre équipe devra rentrer
immédiatement à la propriété et y restera consignée jusqu’à nouvel
ordre (normalement dans la nuit de jeudi à vendredi). Inutile de me
dire que les installations ont bien été réalisées car je serai en
mesure de le contrôler à distance. Prochain message jeudi midi pour la
conclusion des opérations.

Bonne soirée.



Mario déconnecta le décodeur et forma le numéro de Franck qui décrocha immédiatement.



- Bonsoir Franck.



- Bonsoir commandant, alors ?



- Le top est prévu pour la nuit de dimanche à lundi, à l’heure prévue.
Ensuite retour au bercail où tout le monde est consigné, même toi. Tu
n’auras des nouvelles que jeudi après midi, bien compris ?



- Oui commandant



- Alors préparation et exécution, bonsoir Franck.



- Bonsoir commandant.



Mario raccrocha. Franck retrouva Jean-Paul seul devant la télévision.



- Où sont les autres ?



- Dans le parc.



- Tu récupères toute l’équipe, réunion au plus vite pour une séance de
mise au point, l’opération est prévue dans la nuit de dimanche à lundi,
nous allons définir les équipes et répartir les tâches.

Trente minutes plus tard tout le monde était au salon et aux ordres. Franck prit la parole.



- Messieurs c’est pour dimanche soir. Nous reverrons tous les détails
mais pour le moment je vais constituer les équipes. Premièrement
l’équipe pylône sera pour les frères Bartoldi, deuxièmement l’équipe
arbre pour les frères Martinez. Les autres vous irez directement avec
les Toys derrière le bois et vous attendrez le retour des deux
premières équipes en déchargeant le matériel. Cette dernière opération
est la plus longue et la plus délicate, donc chacun aura sa place.

Des question sur ce que je viens de dire?

Jean-Paul fit le tour de l’équipe du regard...



- Non rien pour le moment.



- Alors nous allons attaquer les détails immédiatement.

La réunion dura trois heures.



- C’est tout pour ce soir demain, suite mais avec revue des équipements, bonne nuit les gars.



- Bonne nuit Franck fut la réponse collective.



La journée du lendemain se déroula très vite, tous étaient pris par les
explications de Franck mais sans doute plus encore excités par la
perspective d’en découdre.

Tout le matériel fut contrôlé et recontrôlé, les plans furent repris
pour que chacun connaisse parfaitement son rôle. Le soir, tous étaient
éreintés, Franck ne les avait pas laissé souffler une minute.



- A partir de ce soir alcool fort interdit et je compte sur vous pour
respecter cette discipline. Dimanche matin dernière répétition, l’après
midi repos obligatoire, le soir repas léger et départ en convoi à deux
heures du matin.

Le dimanche se déroula comme prévu par Franck, et à deux heures du matin le convoi formé des deux Toyota sortit de la propriété.



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MessageSujet: Re: Panique a Saint Laurent...   Mar 17 Avr - 14:12

XII





A 2h50 les deux toys passaient en silence le pont de l’Ardoux et s’engagèrent dans le chemin de terre à gauche.

Court arrêt, rapidement les frères Martinez et Bartoldi sortirent des
véhicules avec leur matériel respectif. Les 4X4 repartirent
immédiatement contournèrent le lac et vinrent se garer comme prévu dans
le petit bois.



Franck commença une surveillance à l’aide de puissantes jumelles, alors que les autres déchargeaient le matériel.

De leur côté les frères Martinez et Bartoldi avaient traversé la route
et à travers champs se dirigeaient rapidement, mais avec précaution,
vers les objectifs respectifs.

Ils firent halte au pieds du pylône EDF THT sud N° 2 ; ils installèrent l’équipement prévu à cet effet.



Toujours à travers champs, il continuèrent en direction du canal de liaison entre la Loire et le lac.

Heureusement la nuit était sans lune car ils se déplaçaient à découvert
sans possibilité de se dissimuler sauf en s’allongeant dans la terre.

Arrivés à la route, ils traversèrent rapidement et se rendirent à
l’objectif suivant constitué par le troisième arbre à partir de
l’entrée.

Comme le pylône l’arbre fut équipé.



Les quatre hommes durent retraverser la route pour rester le plus à
couvert possible et rejoindre Franck et le reste de l’équipe qui
attendaient dans le bois.



Cette partie était délicate car il fallait passer par le petit bout de
route qui contourne la centrale par la gauche, mais le temps était
compté et il n’était pas question de refaire le trajet inverse puis de
prendre le chemin emprunté par les 4X4.

La jonction avec Franck se fit à 3h05 donc moins de 20 minutes
avaient été nécessaires pour réaliser la première partie le l’opération.



Toute l’équipe était regroupée autour de Franck.



- Bon, chacun sait ce qu’il doit faire, alors au travail, je reste en couverture et en surveillance près des 4X4.

Très disciplinés chacun s’empara de 4 musettes en toile et ils se dirigèrent vers l’objectif.



Jean et Romain, après avoir contrôlé que la route était libre, s’étaient élancés à l’assaut du talus.

Ils avaient ensuite entrepris de découper à l’aide de pinces la partie inférieure du grillage de protection.

Dès qu’ils furent passés les autres arrivèrent par groupe de deux.



Une fois l’équipe au complet, ils se dirigèrent avec précaution vers la
tour de refroidissement N° 2 et plus particulièrement vers les
piliers nord N° 4-5 et 6.



Les frères Martinez commencèrent immédiatement le repérage des emplacements des pré-forages d’implosion.*

*(pour les gros ouvrages d’art il est prévu par les architectes et à la
construction des emplacements calculés spécialement pour permettre une
destruction rapide à l’aide d’explosifs. Cela permettrait en cas de
conflit de pouvoir couper rapidement des voies de communication et
ainsi arrêter la progression de l’ennemi. Si cela existe pour les
ouvrages d’art, c’est également le cas pour des ouvrages très
importants et permet de diminuer de façon importante les frais de
démolition).

Les frères Bartoldi étaient chargés d’ôter les obturateurs dès que les frères Martinez avaient trouvé les emplacements.

Ensuite Hans et Karl remplissaient les alvéoles avec les
explosifs ä et pour finir Étienne et Claude réalisaient le
câblage et la mise en place des équipements électroniques.

Une fois le câblage terminé, Étienne demanda à Claude de regrouper les autres.



Ils étaient tous gelés car au pieds des tours il règne des températures polaires.



- Tout le monde est là ?



- Oui.



- Alors c’est bon, nous avons une minute pour dégager la zone de
détection de présence. Au fait les panneaux indicateurs sont mis en
place ?



- Oui.



- Je déclenche et nous filons.

A peine avaient-ils parcourus 10 mètres que Jean-Paul s’exclama :

- Merde, une patrouille, tous couchés. Jean-Pierre tu prends celui de droite moi je prends celui de gauche.

Les secondes s’écoulaient et le temps pour dégager le zone de protection diminuait.



Ils prirent toutefois le temps nécessaire pour ne pas louper leurs cibles.



Le bruit des armes à air comprimé paru énorme mais ils purent voir les deux hommes

s’écrouler immédiatement.



- Vite, sortez les deux gars de la zone, on les laissera près du grillage. De toute façon ils en ont pour au moins trois heures.

N’oubliez pas de récupérer les fléchettes.

A 3h55 tous étaient dans les toys, ils firent demi tour et repartirent en sens inverse.

Ils ne rallumèrent les phares qu’une fois sur la route.



- Bravo les gars dit Franck, ce soir gueuleton et alcool autorisé.

Ils commentèrent à tour de rôle leur travail et trouvèrent que, hormis
le problème de la patrouille, tout s’était déroulé comme prévu.

Il n’y avait plus qu’à attendre la suite des événements.



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MessageSujet: Re: Panique a Saint Laurent...   Mar 17 Avr - 14:13

XIII





SALLE DE CONTRÔLE TECHNIQUE DE LA CENTRALE DE SAINT LAURENT DES EAUX. LUNDI 5h30.



La ligne de fax prioritaire de la salle de contrôle sonna.

Bernard Calvet était de garde cette nuit là en tant que responsable.



Le temps qu’il atteigne l’appareil, la communication était coupée. Le
matériel moderne permettait la transmission à haut débit et la mise en
mémoire d’un grand nombre de pages qui étaient ensuite imprimées hors
communication.

Calvet prit les pages négligemment mais son regard fut tout de suite
attiré par le gros titre imprimé en haut de la première page.



“ATTENTION INCIDENT GRAVE IMMINENT”



Marche à suivre de façon IMPÉRATIVE





- 1- Faire mettre en place immédiatement un périmètre de sécurité de
50 mètres sur la périphérie de la tour de refroidissement
N° 2.



Toute intrusion dans ce périmètre peut entraîner une importante explosion de la tour.



- 2- Commencer immédiatement la procédure d’arrêt de l’installation mettant en jeu la tour de refroidissement N° 2.



- 3- Arrêter immédiatement la distribution de courant électrique sur la ligne THT sud.



L’un des piliers va être détruit avant 5h45.

Ceci n’est pas une plaisanterie, le non respect des trois points ci
dessus aura des conséquences très graves s’ils ne sont pas mis en œuvre
immédiatement.



Vous n’avez pas le temps de demander des instructions, vous devez agir
très vite ; pour preuve envoyez l’un des gardiens du poste de
garde à l’entrée de la route.

L’un des arbres qui bordent le canal de liaison va être détruit.



Attention prenez les dispositions nécessaires pour que la ligne fax que j’ai utilisée reste libre en permanence.



Prochain message très bientôt....



Comme tout cadre de ce niveau, Calvet était entraîné et sa réaction fut
immédiate ; il déclencha la procédure d’urgence qui mettait en
route tout un ensemble de procédures techniques et battait le rappel
immédiat de tous les chefs de service.



Calvet passa un coup de fil au poste de garde et donna l’ordre à un
vigile de se rendre au bord de la route et de le prévenir dès qu’il
constaterait une anomalie. Il prit ensuite contact avec le service de
sécurité pour mettre en place la zone de protection demandée. Il
demanda ensuite le délestage immédiat de la ligne THT sud et son
isolation totale.



A peine avait-il raccroché que les vitres de la salle de contrôle vibrèrent sous l’effet d’une forte explosion.



La ligne prioritaire reliée au poste de garde sonna et le gardien lui
apprit qu’un arbre situé sur le bord du canal venait d’être décapité à
hauteur des premières branches.

L’affaire devenait sérieuse, il se fit immédiatement confirmer que ses
ordres étaient exécutés ou en cours d’exécution immédiat. Il insista
sur l’extrême urgence des ordres. Cela ne fut d’ailleurs pas trop
nécessaire car tous avaient entendus l’explosion.



Le chef de la sécurité arriva.



- Que se passe-t’il ?



Calvet lui donna le fax, le chef de la sécurité siffla entre ses dents.



- Merde je file immédiatement à la tour pour faire activer le bouclage
et contrôler l’opération . Vous pourrez me joindre sur mon émetteur
récepteur.



A 5h43 Calvet était informé que le courant était coupé sur la THT sud.



A 5h45 une violente explosion se fit de nouveau entendre.

Les hommes du poste de garde qui étaient sortis à l’entrée virent un
violent éclair au milieu du champs, puis ils entendirent l’explosion
suivie presque immédiatement par le grincement caractéristique de la
ferraille qui plie.



Le pylône THT N° 2 venait de se plier et de se coucher, 2 pieds emportés par l’explosion.



Le chef de poste prévint Calvet que l’un des pylônes venait d’être saboté mais que la nuit ne permettait pas de savoir lequel.



L’indicatif du canal radio du chef de la sécurité venait de se faire entendre.



Calvet commuta en réception.

- Monsieur Calvet c’est grave, les piliers de la tour ont été piégés.
Dès que l’on s’approche de trop il y a un gyrophare qui se déclenche et
un message audio donne l’ordre de reculer.

Calvet qui était resté calme jusqu’à maintenant s’emporta.



- Vous êtes con ou quoi? Vous n’avez pas entendu les explosions? Vous
n’avez pas lu le fax? Vous n’avez pas compris mes ordres? Alors
initiatives interdites, contentez-vous de faire ce que j’ai ordonné.
Prenez tous les hommes nécessaires et vous me bouclez cette zone de
façon hermétique, pas une souris doit pouvoir passer, C’est clair ?



- C’est clair monsieur Calvet.



A 6H le fax de la salle de contrôle sonna et la communication fut coupée en moins d’une minute.



Calvet attendait au pieds de l’appareil qu’il débite son message.



En première page il y avait le même titre que précédemment avec suite.



- Messieurs vous avez pu constater qu’il n’était pas question d’une
plaisanterie et vous avez suivi la destruction de l’arbre et du pylône.

Vous pourriez avoir encore des doutes en ce qui concerne la tour N° 2, sachez que ce serait une grave erreur.



Les piliers 4,5 et 6 sont bourrés d’explosifs implantés dans les
alvéoles prévues pour la destruction de ces tours en fin de vie.



Si ces 3 piliers devaient exploser, la tour N° 2 basculerait sur le coté et viendrait détruire la tour N° 1.

Je vous laisse imaginer l’ampleur des dégâts, son coût et ses conséquences.



Comme vous le savez et si vous avez suivi mes instructions, le risque d’incident nucléaire est nul.



Il est inutile de vouloir approcher la tour N° 2 car celle-ci est protégée par de puissants systèmes de détection.



Toute intrusion dans cette zone déclenche dans un premier temps une alarme lumineuse et un avertissement sonore.



Si dans les 15 secondes la zone n’est pas libérée, un compte à rebours
commence automatiquement et l’ordre de destruction sera donné.



Si pas hasard vous parveniez à contourner les détections ou à les mettre hors circuit, sachez

que l’installation est doublée d’un compte à rebours automatique
de 5 minutes. c’est à dire que toutes les 4 minutes et par
l’intermédiaire d’une liaison radio une remise à zéro doit être
effectuée.



Si pour une raison ou une autre cette remise à zéro ne pouvait être réalisée, le décompte se poursuivrait et la tour sauterait.

Inutile de prévoir un brouillage radio car vous aurez compris que s'il m’est impossible de faire la remise à zéro BOUM...



Pour finir sachez que je suis le seul à pouvoir neutraliser le
dispositif à distance et cela ne sera fait qu’une fois que mes
exigences auront été réalisées.



Attendez la suite des instructions...

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MessageSujet: Re: Panique a Saint Laurent...   Mar 17 Avr - 14:14

XIV





A 7h une cellule de crise était réunie.



Tous les hauts responsables locaux étaient présents.



EDF bien sûr, mais aussi pompiers, gendarmerie, préfet et le maire de
Saint-Laurent étaient installés autour d’une table dans la salle de
réunion directoriale de la centrale.



Le préfet décida avec l’accord des personnes présentes de faire boucler
toute une zone qui s’étendrait de Beaugency à Mer au nord de la Loire
et de Saint Laurent à Muides au sud de la Loire.



Le bouclage serait réalisé par l’armée, les casernes de Tours et
d’Orléans seraient mises à contribution pour une meilleure rapidité
d’exécution.



Un cordon serré serait également mis en place tout autour de la
centrale ainsi que sur les bords de Loire à Avaray et à Saint Laurent.



Un autre cordon serré serait aussi mis en place en limite de zone de
sécurité à la tour N° 2 avec, en plus, un système de surveillance vidéo
braqué sur les 3 piliers piégés.

Les spécialistes de l’armée, mais aussi ceux de la brigade anti
terroriste, auraient la possibilité de voir l’installation sans danger
et peut-être de trouver une solution.



A 8h Pierre Descamps le patron de la BRB* *(brigade de répression du
banditisme) accompagné de ses 4 adjoints débarquaient d’un hélicoptère
en provenance de Paris.

Descamps arrivait dûment mandaté par le gouvernement afin de prendre en
main la direction des opérations. Cela ne serait pas simple car il
devrait chapeauter l’armée, la police et la gendarmerie, les autorités
civiles et EDF.



A 10h les premiers convois militaires arrivèrent. L’un des adjoints de Descamps était chargé des opérations avec l’armée.

Descamps avait donné l’ordre de mettre sous surveillance la ligne fax de la salle de contrôle.



Le reste de l’équipe de la BRB devait arriver en convoi routier vers midi.

La gendarmerie avait été chargée de récolter des premiers éléments d’enquête.

Relevé des traces, interrogation du voisinage bref la routine.



A 11h le fax se déclencha et la communication fut rapidement coupée.

Le message fut immédiatement photocopié puis remis à Descamps.



- Bonjour messieurs.



- A cette heure vous avez été en mesure de vous faire une idée du
sérieux de l’installation réalisée sur la tour, mais aussi de vous
rendre compte de l’inutilité d’une intervention en vue de sa
neutralisation.



Si comme je le pense vous avez isolé le secteur c’est parfait, cela
évitera ou tout du moins limitera grandement le risque d’éventuels
problèmes.



Nous resterons entre gens qui savons de quoi nous parlons, entre professionnels en somme.



Comme vous pouvez vous en douter, cette action n’est pas gratuite.



N’ayez craintes, ce n’est pas une action terroriste avec de quelconques
revendications politiques. Non je suis sérieux, ce n’est qu’une simple
opération financière.

Pour être clair, je vous offre mes services pour éliminer le danger qui vous menace.



Comme toute peine mérite salaire et comme le coût d’une destruction de
vos installations serait extrêmement élevé, je ferai comme les
assurances (que vous pourrez d’ailleurs mettre à contribution) :
je vais vous demander un dédommagement qui correspond à un faible
pourcentage.



Voici comment constituer cette obole.



- 1 - Vous devrez rassembler 110 containers en fibre de verre
étanche, ceux utilisés par l’armée pour le transport de matériel
sensible qui font 600 x 300 x 300 mm.



- 2 - Vous devrez réunir une importante somme en Euro et en provenance
des pays suivants: France, Allemagne, Belgique, Espagne et Autriche
soit cinq pays.



- 3 - Les containers qui recevront les Euro seront marqués en fonction
du pays d’origine des Euro c’est à dire F pour France, B pour Belgique
etc...



- 4 - Les billets seront réunis en liasses de 100.



- 5 - Pour chaque pays il y aura:



- 2 containers de liasses de 500 Euro

- 2 containers de liasses de 200 Euro

- 3 containers de liasses de 100 Euro

- 4 containers de liasses de 50 Euro

- 5 containers de liasses de 20 Euro

- 6 containers de liasses de 10 Euro



Ce qui représente, traduit en francs, un peu plus de 2 milliards.

Vous admettrez que c’est une bagatelle, comparé au coût de l’arrêt de
la centrale et au coût d’une éventuelle reconstruction des tours.



Comme vous ne pouvez pas me joindre, il est tout à fait inutile de tergiverser.



En clair je donne des instructions et vous les exécutez.

Les containers une fois remplis seront répartis dans deux camionnettes
du genre Boxer de teinte blanche. Ils devront être prêt pour mercredi
soir, jeudi midi au plus tard.

La dernière partie des instructions sera donnée prochainement.

Descamps reposa le fax sur la table.



Gonflé le mec et en plus il se fout de notre gueule.

Pour le moment je ne vois pas comment le contrer toutes les billes sont dans son camps.





Descamps fit venir l’officier supérieur responsable militaire de l’opération.

Il lui fit part de la demande des containers.

L’officier lui indiqua qu’une telle quantité devait se trouver à la tour Maubourg à Paris, quitte à les vider de leur contenu.

Descamps demanda que le nécessaire soit fait immédiatement, puis il
prit contact avec le ministère des finances, indiqua les exigences et
surtout le délai qui était requis pour rassembler la somme.



- Cela va être difficile de réunir une telle somme en si peu de temps.
De plus nous devons prendre contact avec les banques centrales des pays
concernés, nous devrons également voir avec la banque de France comment
compenser ces sommes aux différents pays c’est à dire une multitude de
problèmes administratifs.



- C’est certain, admit Descamps, et c’est certainement voulu mais pour
le moment nous n’avons pas le choix, donc vous mettez tous les
diplomates sur le coup. En ce qui concerne le transport, voyez avec
Villacoublay, c’est le plus simple.

- je donne les ordres pour que les mystères 20 soient à votre disposition 24h sur 24.



A peine la communication avec le ministère des finances fut coupée, le commandant de la gendarmerie de Blois se présenta.



- Je viens vous informer des premiers éléments de l’enquête.



- 1 - Nous avons retrouvé près du grillage d’enceinte deux
hommes de patrouille endormis. Ils ont été conduits à l’hopital de
Blois avec un officier de liaison et il semble que leurs jours ne
soient pas en danger.



- 2 - Près des deux hommes retrouvés le grillage a été
découpé et c’est sans doute par là que les saboteurs se sont introduits
sur les lieux.



- 3 - Des traces de pas ont été retrouvées dans le champ
où se trouve le pylône qui a été saboté. Ces traces vont du pont de
l’Ardoux au pylône, puis de là au bord de la route juste en face de
l’arbre qui a explosé, puis en sens inverse jusqu’au bord de la route
située en face du chemin qui contourne la centrale par la gauche.



- 4 - Il devait y avoir quatre hommes.



- 5 - Nous avons relevé des empreintes de pneumatiques sur
un petit chemin qui part de la route sur la gauche juste après le pont
de l’Ardoux. Ces traces contournent les champs et le lac puis
s’arrêtent dans le bois qui est situé derrière le club nautique c’est à
dire presque en face de la tour de refroidissement.



- 6 - A priori il y avait deux véhicules, certainement de
gros 4X4. Nous avons pris les empreintes des pneus, mais nous n’irons
pas loin avec car ils sont neufs et d’un modèle courant dans notre
région.



- 7 - Personne dans les environs n’a remarqué quoi que ce soit, rien vu, rien entendu

et pas de faits curieux à signaler dans les jours qui ont précédés.

Nous continuons les investigations et nous vous tiendrons au courant dès qu’un élément insolite sera découvert.



- Merci commandant vous avez fait du bon travail en si peu de temps et
j’espère que vous trouverez quelque chose à nous mettre sous la dent.



- Merci monsieur. Pouvez-vous me dire ce que vous pensez de cette affaire?



- Pas grand chose, hormis que nous avons affaire à une équipe
bougrement bien organisée, que cela a demandé une préparation longue et
minutieuse avec de gros moyens, que le tout est un travail de
techniciens entraînés et même certainement des militaires. Cela n’est
pas du travail d’amateur monté à la va vite, et les gens capables de
monter un coup pareil peuvent se compter en Europe sur les doigts d’une
seule main, mais si nous ajoutons les moyens nécessaires il ne doit
plus y avoir personne sauf s’il y a eu un sponsor. Pour moi ce ne sont
pas des gars liés au grand banditisme car toutes les pointures sont
sous surveillance ; et puis il a fallu des renseignements qui ne
peuvent venir que de l’EDF et du CEA, donc pas à la portée de tout le
monde. Ce qui est certain c’est que c’est le plus gros coup jamais
réalisé à ma connaissance.



Ce qui me chagrine pour le moment c’est que je ne vois pas comment
prendre le bébé, je suis obligé de dire amen aux demandes et ce n’est
pas dans mes habitudes.



- J’espère revenir avec de bonnes informations, dit le gendarme.



- Je l’espère aussi.



A 12h30 les hommes de la BRB étaient rassemblés dan la salle de réunion
avec Descamps. Le patron leur donna les dernières informations qu’ils
écoutèrent en silence.



- Quelqu’un a des questions à poser ou des suggestions à faire?



- Non patron.



- Bien alors nous allons visionner une vidéo prise depuis ce matin. Des
caméras ont été installées pour avoir en permanence sous surveillance
la machine infernale qui se trouve sur la tour. Avec les téléobjectifs
vous pourrez visualiser les montages réalisés par les terroristes.



Descamps introduisit la cassette dans le magnétoscope et mit en route la lecture.



La caméra zooma au maximum pour encadrer au plus près le pilier N° 4 puis le pilier N° 6.

Il n’y avait rien d’extraordinaire à voir hormis des boîtiers
fixés à environ 1,20 M du sol et des fils qui semblaient sortir du
béton par endroits.



- Bon rien que du classique constata Descamps, explosifs, liaisons
filaires, les boîtiers doivent être des détecteurs de
présence. Sur le pilier N° 5 c’est différent il y a en plus deux
containers, un pieds télescopique où est monté une antenne double, des
gyrophares et un haut parleur à chambre de compression. Alors votre
impression.



- Le spécialiste du déminage prit la parole.



- Premièrement je trouve qu’il n’y a pas beaucoup d’explosif.



- Cela ne veut rien dire, dit Descamps, car nous ne savons pas quelles
sont les dimensions des forages et ensuite nous ne savons pas quel
genre d’explosif a été utilisé, de plus il y a des zones d’ombre que la
caméra ne peut explorer. Ensuite ?



- Il est certain qu’il y a une liaison radio ou téléphonique. Les
containers doivent contenir les alimentations électriques ainsi que
l’électronique de commande car le tout doit être étanche. Les
gyrophares et l’amplificateur pour la chambre de compression cela
bouffe pas mal de courant.

- Parfait, dit Descamps. Vous voyez une solution pour désamorcer en fonction de ce que vous avez vu et de ce que disait le fax?



- Non, dit le spécialiste, sauf de couper les fils de liaison aux
explosifs avec un fusil à lunette. Mais comme il y a des zones d’ombres
et qu’il est impossible d’approcher, il reste un risque que des
liaisons restent en place. Nous ne savons pas non plus si les liaisons
sont en deux ou trois fils car dans ce dernier cas le simple fait de
couper l’un des fils déclenchera l’explosion. Les gars qui ont montés
ce coup ont dû penser au fusil à lunette le risque est trop important
et nous sommes en option zéro. Rien à faire.



- C’est bien ce que je pensais, dit Descamps, nous allons donc procéder
autrement et donner satisfaction à ces messieurs. Je crois qu’ils
joueront le jeu et qu’ils feront réellement le nécessaire pour
désactiver les explosifs dès qu’ils auront eu l’argent. Nous allons
trouver une solution pour les coincer dès que tout danger sera écarté.



Vous allez mettre en branle tous les services de police, de
gendarmerie, les services secrets, je veux que les ordinateurs tournent
à plein rendement, qu’il y ait des recoupements, bref que vous me
donniez une liste de péquins capables d’avoir mis ce coup sur pieds.
Nous arriverons peut-être à un résultat après la bataille mais il faut
essayer.

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MessageSujet: Re: Panique a Saint Laurent...   Mar 17 Avr - 14:15

XV





Franck et son équipe ainsi que Mario étaient installés devant la télévision pour les informations de 13h.

Saint-Laurent faisait le gros titre de cette édition. Deux explosions
importantes vers la centrale de Saint laurent avaient réveillé très tôt
ce matin les habitants de cette petite ville.

Tout le secteur au nord et au sud de la Loire était hermétiquement
bouclé par l’armée. Les responsables interrogés sur les événements
avaient tous répondus “il n’y a pas de danger, pas d’autres
commentaires pour le moment” le préfet avait confirmé qu’il n’y avait
pas de risques de pollution nucléaire, que la centrale n’était pas en
cause et que d’ailleurs la population n’avait pas été évacuée. La
décision de déploiement de l’armée dans le secteur avait été prise
suite au sabotage d’un pylône THT EDF ; il était donc nécessaire
de sécuriser les environs pour éviter des éventuels accidents.

Ces belles phrases furent à l’origine du développement de polémiques
savamment distillées par les opposants au nucléaire, puis par
l’opposition, le tout amplifié par les journalistes qui, faute
d’informations, partaient dans toutes les élucubrations possibles et
imaginables.



Bien sûr tous étaient loin de la vérité tant il est vrai que les choses les plus simples sont souvent inimaginables.

Chacun de leur côté, Franck et Mario étaient heureux, l’opération
s’était enchaînée correctement. Par contre ils étaient surpris par
l’ampleur des moyens déployés, ils auraient parié pour plus de
discrétion.

A 15h l’officier responsable de l’armée informa Descamps que la quantité de containers nécessaire était en stock.



- Parfait, donnez les instructions pour qu’ils soient transférés à
Villacoublay dans deux camionnettes Peugeot boxer neutre et de couleur
blanche.



- Bien je donne les ordres immédiatement.

Pendant ce temps-là, c’était le branle-bas de combat dans les
ministères des finances, dans les ambassades et à la banque
centrale Européenne.



A 20h tous les pays concernés avaient donné leur accord pour fournir à
la France les sommes demandées et elles étaient à disposition.



Il était par contre impossible de faire un relevé des numéros de série
ou même de faire un repérage sur les billets, les sommes étaient trop
importantes et le délai bien trop court.

Les milliards allaient être perdus à tout jamais.

Avec le passage à l’Euro, il y avait fort à parier qu’ils seraient mis
en circulation en même temps que les autres et rien ne ressemble plus à
un billet neuf qu’un autre billet neuf.

Pendant la nuit les Mystères 20 de Villacoublay firent des navettes dans les différents pays pour rapatrier l’argent.

Le mardi matin à 8h la somme était réunie à Villacoublay dans un hangar
désaffecté avec les Boxer et les containers, le tout étant placé sous
très haute surveillance. La BA 107 était en alerte maximum.



Le même jour à 9h le ministre Français des finances prit contact avec Descamps.



- Je ne vous dérange pas longtemps, mais nous avons reçu une information très intéressante en provenance de Suisse.

Un savant qui travaille pour un important groupe chimique Allemand a
été mis au courant de nos problèmes par son beau frère qui travaille à
la banque centrale Européenne, et il voudrait vous parler d’une
possible solution qui nous retirerait une grosse épine du pieds.

Il sera à Paris dans moins de 30 minutes je le mets dans un hélicoptère et vous l’expédie sur place.

Recevez-le bien et écoutez bien ce qu’il a à proposer, je ne sais pas
tout et pour ce que je sais je n’ai pas compris grand chose. Son nom
Herbert Wolker, tenez moi au courant.



- Bien monsieur le ministre.

A 10h30 Wolker était introduit dans la salle de réunion où se trouvait Descamps.



- Bonjour monsieur Wolker, dit Descamps qui s’était levé et lui tendait la main.



- Bonjour monsieur, répondit Wolker avec un léger accent mais dans un très bon Français.



- Monsieur Wolker, vous comprendrez que la situation est critique et
que j’ai de nombreux problèmes à régler, ce qui me laisse très peu de
temps pour écouter des divagations, mais comme vous m’avez été
recommandé et expédié par notre Ministre des finances je me dois d’être
attentif à votre offre car si j’ai bien compris il est bien question
d’une offre ?



- Oui absolument, et voici ce qui m’amène.



Je suis ingénieur chimiste et je travaille comme chef de projet pour
une entreprise qui désire mettre au point des bactéries capables de
lutter contre la pollution occasionnée par les produits chimiques et
déchets industriels.



- Bien, dit Descamps, mais quel est le lien avec notre affaire ?



- Voilà, j’ai découvert tout à fait par hasard une utilisation très
particulière de l’une de mes bactéries. Je précise tout de suite que
cette bactérie n’a jamais été utilisée à grande échelle, qu’elle n’est
pas répertoriée dans mon laboratoire pour l’utilisation à laquelle je
pense, et pour finir les conditions d’utilisation comportent des
contraintes et je ne sais pas comment vous pourrez vous en servir.



- Je suis désolé, dit Descamps, mais je ne vois toujours pas où vous voulez en venir.



- J’y arrive, répondit Wolker et il donna des explications pendant une heure.

Étonner Descamp n’était pas facile, mais à la fin de son exposé Wolker laissa Descamps sans voix.

Wolker n’était pas au courant des exigences des terroristes mais
Descamps oui, et ce dernier voyait déjà la solution de son problème se
mettre en place.

- Monsieur Wolker avez-vous une quantité de produit suffisante pour mettre en œuvre un plan d’action ?



- Normalement oui car le stock que je possède au laboratoire est
concentré et une partie devait être utilisée pour des essais chez un
client, mais pas pour le même problème que vous, je le répète.



- Autre question dans quel délai pouvez-vous nous fournir votre produit ?



- En avion le temps des voyages aller retour car il est possible de
faire apporter le produit en attente au pieds de l’avion. Par contre il
faut impérativement l’autorisation de la direction générale de
l’entreprise.



- Cela n’est pas un problème monsieur Wolker cette autorisation, non
seulement vous l’aurez, mais ce sera même un ordre et avec un peu de
chance votre patron sera à l’aéroport pour vous féliciter car si cela
fonctionne ce sera un coup de publicité terriblement efficace pour
votre entreprise.

Je demande immédiatement au ministère de faire le nécessaire pour
régler tous les problèmes avec votre direction. Vous repartez tout de
suite avec l’hélicoptère puis vous reprendrez un avion militaire
Français pour la destination que vous donnerez, vous chargerez le
produit et vous reviendrez à Villacoublay. Vous êtes l’invité du
gouvernement Français jusqu’à nouvel ordre.

Si tout se passe bien à 20h au plus tard vous devriez être de retour à Paris.

Donnez-moi les noms et N° de téléphone de vos patrons que nous ne perdions pas de temps.



Wolker s’exécuta et tout de suite après Descamps le fit raccompagner à l’hélicoptère.



Dès qu’il fut seul il demanda à voir le chef du service entretien de la centrale.

Celui-ci se présenta 10 minutes plus tard.



- Bonjour monsieur, que puis-je faire pour vous?



- Voilà, vous avez un boite étanche et vous voulez faire le vide à l’intérieur, comment faites vous?



- C’est simple je monte une valve avec un clapet anti-retour, je
branche une pompe à vide sur la valve et j’aspire l’air. Lorsque
j’arrête la pompe à vide, le clapet revient en place et l’air ne peut
pas rentrer.



- Bien, et si maintenant je désire injecter un gaz dans cette même
boite pour atteindre une pression égale à celle de la pression
extérieure, je fais comment?



- Là il faut une autre valve mais avec un clapet anti-retour qui
fonctionne de façon inverse. Vous branchez une pompe qui amènera votre
produit, vous mettez un manomètre pour contrôler la pression à laquelle
vous voulez charger votre boite et lorsque la pression est atteinte
vous arrêtez la pompe.





- Parfait, qui fabrique ce type de valves, il faut qu’elles soient petites et plates.



- Il existe plusieurs fabricants mais je vais chercher ma documentation
pour avoir des éléments plus précis, je reviens dans 15 minutes.



- OK faites vite, dit Descamps.



Le responsable de l’entretien reparu avec une pile de dossiers et de documentation.



- Voilà, nous allons commencer par Festo c’est là qu’il y a le plus de
choix. Voyons petit, plat, 1/8 de pouce, si c’est une petite boite
cela devrait être suffisant. Je vous note la référence pour chaque
modèle et les embouts car sinon vous ne pourrez pas vous en servir.



- Je vous remercie, dit Descamps en décrochant le téléphone.

Il demanda Villacoublay, puis l’officier responsable de l’atelier de mécanique.



Depuis la mise en alerte de la base, tout le monde savait que Descamps pouvait intervenir à tout moment.



- Bonjour monsieur dit l’officier je suis à vos ordres.



- Laissez tomber, dit Descamps, nous avons autre chose à faire que des politesses. Vous avez les containers ?



- Oui ils sont à la peinture.



- Quelle peinture ?



- Pour le marquage des pays nous avons réalisé des pochoirs et nous passons un coup de peinture au pistolet.



- Parfait, mais voilà ce qui motive mon appel. Vous allez mettre toutes
les personnes nécessaires sur le pont mais il faut absolument que
demain matin à 8h les 110 containers soient équipés de deux valves
dont voici les références. Il faut vous procurer ces valves et des
embouts. Le matériel est de marque Festo. Vous demandez à tous les
dépôts de la marque en France avec priorité absolue de fournir et au
besoin vous réquisitionnez.

Si vous ne pouvez pas avoir tout en France, vous envoyez un avion en
Allemagne. Bref vous vous débrouillez, mais nous devons tenir un
horaire précis et demain matin a 8h nous devons mettre l’argent en
containers et ce ne sera pas terminé car ensuite il y aura d’autres
opérations à réaliser sous la direction d’un Suisse, monsieur Wolker,
qui doit arriver à Villacoublay en provenance de Frankfurt vers 20h ce
soir.

Les valves devront être montées en partie inférieure des containers. Tout doit être prêt demain après-midi, c’est compris ?



- Oui monsieur, nous ferons le maximum.



- Non non pas le maximum, vous faites tout court, sinon c’est la
catastrophe. Vous avez carte blanche. Je reprends contact demain matin.



A peine la conversation terminée, l’officier de gendarmerie se présenta.



- Alors quoi de neuf demanda Descamps ?





- Malheureusement pas grand chose. Les enquêtes de voisinages n’ont
rien données. Les deux vigiles ont repris connaissance, il ont
certainement été neutralisés avec des pistolets à aiguilles. Ils n’ont
rien vu et rien entendu. Ils ont été touchés au cou, il y a une
trace de piqûre, mais nous n’avons pas retrouvé d’aiguilles ou
fléchettes. Des analyses sont en cours pour essayer de déterminer la
nature du produit utilisé. Je ne sais pas à quelle distance les tireurs
ont opéré, mais ce qui est certain c’est que se sont de très bons
tireurs.



- Je sais, dit Descamps, ce qui confirme le professionnalisme des exécutants. Merci et tenez-moi au courant.



Le mercredi matin à 8h, Descamps était en conversation avec l’atelier de mécanique de Villacoublay.



- Alors où en sommes-nous ?



- Nous avons tenu les délais et tous les containers sont équipés depuis
ce matin 7h. Nous avons dû envoyer un avion chez Festo à Stuttgart pour
avoir la quantité nécessaire, les chères valves dit-il.



- C’est rien comparé à deux milliards, répondit Descamps. Bon est-ce que monsieur Wolker est arrivé ?



- Oui il est à côté de moi.



- Bien passez-le moi



- je vous le passe



- Bonjour monsieur Wolker, ici Descamps, comme vous avez dû le
constater tout est prêt pour que vous puissiez faire votre part de
travail. Les hommes vont remplir les containers avec les billets,
ensuite ce sera à votre tour de jouer ; cette partie est sous
votre entière responsabilité. Une équipe est prévue pour faire le vide
et une autre pour faire le remplissage. Vous donnerez les instructions
techniques pour le niveau de vide à faire. Tout doit être prêt cet
après-midi.



- Bien monsieur Descamps, nous nous mettons au travail immédiatement.



- Alors bon courage et n’hésitez pas à me joindre en cas de difficulté.
Au fait il n’y a que vous et moi qui sommes au courant du but de ces
travaux et cela doit rester ainsi, et si l’on vous pose des questions
vous dites de s’adresser à moi. Il ne doit y avoir aucune fuite, c’est
compris ?



- Oui monsieur Descamps, c’est compris.

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MessageSujet: Re: Panique a Saint Laurent...   Mer 18 Avr - 11:14

XVI





Descamps convoqua ses plus proches collaborateurs pour une réunion.



- Alors messieurs où en sommes-nous ?







A tour de rôle ils prirent la parole. Il n’y avait pas de problème ni
avec l’armée ni avec l’EDF, par contre une forte pression était exercée
par les civils qui voulaient absolument connaître les détails de
l’affaire.

Si le préfet avait été briefé par le gouvernement pour calmer les
esprits, il n’en était pas de même pour la classe politique qui était
déchaînée. Chacun y allait de son petit mot assassin et de sa petite
phrase pour égratigner le voisin, bref la routine politique.



- Savez-vous quel type d’explosif a été utilisé et avez-vous des informations sur les accessoires ?



- Pour les explosifs rien de connu, mais deux remarques, produit très
puissant il relègue le C4 au rang de la dynamite et pouvoir thermique
très élevé, car à l’emplacement de la rupture des pylônes le métal a
fondu. Ni les Américains ni les Russes n’ont un produit pareil. En ce
qui concerne le matériel de mise à feu, il ne reste pas grand chose à
cause des effets indiqués, presque tout a été transformé en poussières.
Nous avons juste retrouvé un petit morceau de ce qui doit appartenir à
un téléphone mobile, mais sans doute rien à en tirer.



- Bon, et la source des messages par fax ?



- Le numéro correspond à un mobile à carte prépayée, nous savons par
quel relais la communication a été établie ; nous avons donc situé
géographiquement le secteur d’appel, mais la zone de recherche à
couvrir est trop importante. Nous savons également que ce poste n’était
pas celui qui a réellement été utilisé pour envoyer les messages, ce
n’est qu’un relais. Il a été utilisé la technique du transfert d’appel,
et comme les communications ont été très courtes il est impossible de
remonter toute la chaîne.



- Et le propriétaire du matériel ?



- Rien non plus, faux nom et fausse adresse. Seule information
l’appareil a été chargé avec un crédit de 1000 Francs. Intraçable,
matériel acheté à Paris et payé en liquide ; idem pour les cartes
prépayées.

- Si je comprends bien nous sommes pratiquement au point mort et nous n’avons plus qu’à payer.



- Oui patron.



- Vous savez que je ne m’avoue jamais battu et pour le moment la
priorité est d’éviter l’explosion de la tour N° 2. Comme nous ne
pouvons ni désactiver la machine infernale ni mettre la main sur les
organisateurs, nous exécuterons les instructions, mais je n’ai pas dit
mon dernier mot.





- C’est à dire patron ?

- C’est à dire que si devant vous il y a un mur infranchissable, il est
inutile de perdre temps et énergie à vouloir absolument sauter pas
dessus, mais il faut chercher à le contourner. Souvenez-vous de la
ligne Magino.



- Oui patron et vous avez une solution ?



- Je l’espère, je mets ma tête en jeu sur ce coup, il n’y a qu’une
personne au courant de ce que j’ai goupillé et si ça ne marche pas je
serai purement et proprement désintégré par le gouvernement. Alors
croisons les doigts et inutile de me poser des questions pour le
moment, vous ne saurez rien tant que le danger d’explosion ne sera pas
totalement écarté. Je vais déjà être obligé de faire avaler la pilule
du paiement effectif de la rançon à tous les responsables du
gouvernement sans rien dire de la suite, alors n’insistez pas.



Le jeudi matin 8H Descamps appela Villacoublay.



- Alors tout est prêt ?



- Oui monsieur, tout a été exécuté selon vos ordres et les directives
de monsieur Wolker. Les deux Boxer sont chargés et nous attendons les
nouvelles instructions.



- Parfait, dit Descamps, vous avez réalisé un sacré travail j’en
toucherai un mot en haut lieu dès que tout ceci ne sera plus qu’un
mauvais souvenir. Dès que j’ai du nouveau je rappelle. Restez en alerte
avec les deux chauffeurs en pleine forme.



A midi le fax de la salle de contrôle se déclencha et comme d’habitude
la communication fut très courte. Descamps prit tout de suite
connaissance du message.



- Bonjour messieurs.



J’espère que vous avez pu réunir la somme demandée et que tout est prêt
pour que la suite des instructions se déroule sans incident.



Avant d’en venir à ces instructions, je dois vous avertir de ceci



- 1 - il est inutile de mettre des mouchards sur les véhicules ou sur les hommes, ou pire dans les containers.



- 2 - il est inutile d’équiper vos chauffeurs d’un moyen quelconque de communication radio ou téléphone.



- 3 - tant que l’opération ne se sera pas déroulée comme je l’ai
prévu la tour N° 2 est ˝ susceptible d’exploser.



- 4 - C’est uniquement lorsque j’estimerai qu’il n’y a plus de
danger pour nous que vous recevrez un message qui indiquera que
l’installation de commande des explosifs est désactivée et qui donnera
les instructions pour réaliser le démontage sans danger.



Il est donc parfaitement inutile de mettre en œuvre des moyens de
surveillance des Boxer ou de vouloir faire un quadrillage de zone, cela
m’obligerait à annuler l’opération avec les conséquences que vous
imaginez.



- INSTRUCTIONS.



- les Boxer devront voyager en convoi par l’autoroute A 10 puis A 71 en direction de Bourges.



- le premier camion devra être équipé d’un lecteur de CD.



- à 23h ils devront s’arrêter à la première aire de repos qui se trouve sur l’A 71 après Orléans.

- le premier chauffeur se rendra dans la cabine téléphonique et
attendra un appel, il répondra au nom de ROBERTINI. Il recevra de
nouvelles instructions à suivre de façon très précise.



Terminé.



- Merde dit Descamps toujours pas de contact direct. A tout hasard il
décida de faire mettre la fameuse cabine sous surveillance mais sans
illusion quant aux résultats.

Il prit ensuite contact avec Villacoublay pour donner la suite des
instructions, qui furent confirmées par l’envoi de la copie du fax.



- Moins d’une heure après il avait en ligne le ministre de l’intérieur.



- Dites-moi Descamps j’ai été averti par Villacoublay du démarrage de la phase remise de rançon, alors nous payons ?



- Oui monsieur, nous payons.



- J’espère que vous avez des éléments qui vous permettront d’arrêter ces malfaiteurs ?



- Non même pas monsieur, dit-il avec un sourire sur les lèvres.
Voyez-vous pour le moment mon problème est d’éviter
que la tour explose et de sauver la centrale. Le reste est une affaire
d’argent et je pense que sur ce point le gouvernement est en accord
avec moi.



- Oui bien sûr, toutefois deux milliards dans la nature ce n’est pas
fait pour amuser le premier ministre, cela d’autant plus que les 4/5
proviennent de l’étranger et que nous devrons payer.



- Puisque vous abordez le sujet monsieur le ministre, pouvez vous faire
traîner un peu ce règlement de compensation aux banques ? J’aurai
peut-être une bonne nouvelle d’ici quelques jours.



- Ce n’est pas de faux espoirs j’espère ?



- Ce n’est pas mon genre monsieur le ministre, vous le savez bien, un
peu frondeur mais pas plaisantin dans le travail. Sachez que je joue un
gros coup de poker et je crois avoir un jeu bien servi...



- Parfait Descamps, vous avez carte blanche, vous savez l’estime que je
vous porte, mais si votre jeu est moins bon que celui de votre
adversaire je me retrouve en vacances définitives et vous me suivrez.
Bonne chance Descamps.



- Merci monsieur le ministre.

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MessageSujet: Re: Panique a Saint Laurent...   Mer 18 Avr - 11:15

XVII





De son coté Mario avait reçu un long fax avec les instructions finales.

Il demanda à Franck de venir immédiatement chez lui.

Une nouvelle fois les instructions étaient très précises et ils n’en furent pas étonnés.



- Bon, dit Mario, tu as tous les éléments. Surtout je compte sur toi et
sur les frères Martinez pour que personne ne déconne et embarque des
containers qui ne nous sont pas destinés.

De retour à la propriété, tu feras monter les containers dans ta chambre, la répartition sera réalisée plus tard.

Vous ne sortez pas de la propriété jusqu’à nouvel ordre, pour le fric
il n’y a pas urgence puisque l’Euro n’est pas encore en service.



- Je file, dit Franck, il y a encore du travail de briefing, et donnez moi votre décodeur puisqu’il faut le rendre.



- Bonsoir Franck et passe-moi un coup de fil dès que tu es rentré.



- Entendu commandant, bonsoir.



A 21h les deux Boxer avaient quitté Villacoubla en direction d’Orléans.
Les convoyeurs avaient été longuement briefés sur ce qu’ils avaient à
faire. Deux officiers avaient été choisis pour cette mission, plus
précisément deux capitaines. Ils étaient en civil et pour eux les
instructions étaient très claires pas d‘exercices de bravoures, pas de
résistances mais les instructions à suivre et rien d’autre.



A 22h50 ils s’arrêtèrent comme prévu sur l’aire de repos. Le premier
chauffeur rentra dans la cabine téléphonique dans l’attente de l’appel.



A 23h précise l’appareil sonna.



- Allô, vous êtes Robertini ?

- Oui monsieur.



- Parfait vous allez vous rendre dans le local technique qui se trouve
derrière les toilettes. La porte n’est pas fermée à clé. Sous la grosse
poubelle, vous trouverez une enveloppe qui contient un CD, prenez-le et
remontez dans votre camion, mettez le CD dans votre lecteur et
redémarrez, suivi de votre camarade. Suivez exactement les instructions
qui seront dictées par le CD. Vous avez bien compris ?



- Oui monsieur.



- Alors exécution, vous avez trois minutes pour reprendre la route.



La communication fut coupée.



L’officier sortit de la cabine comme un diable de sa boite, il
contourna les toilettes et comme prévu trouva la porte ouverte. Il
trouva l’enveloppe, prit le CD et retourna toujours en courant aux
Boxer. Il demanda à son camarade de le suivre immédiatement, il remonta
dans son véhicule, mit le CD dans le lecteur, démarra et rejoignit la
bretelle de circulation.



- Parfait reprenez l’autoroute, ne dépassez pas le 100 Km/H ;
laissez le lecteur en fonctionnement, j’interviendrai en temps utile.



15 minutes passèrent et la voix reprit.



- Vous devez être en vue de la sortie de Lamotte Beuvron, continuez sur
l’autoroute, dans quelques instants vous allez passer sous un pont,
continuez toujours, vous devez entrevoir au loin un deuxième pont. Dès
que vous le verrez ralentissez, car après ce pont il y a une grille
d’accès pour les services de dépannage. Engagez-vous sur le chemin et
poussez la grille avec l’avant de votre camion, elle n’est pas fermée.

L’officier exécuta les instructions, suivi par son collègue.



- Bien avancez-vous , arrêtez le moteur et coupez les phares.

Descendez et prenez avec vous le lecteur de CD.

Le chauffeur descendit et alla rejoindre son camarade. Il lui demanda
de couper le moteur, d’éteindre ses phares et de le rejoindre.



- Bien, maintenant avancez côte à côte sur le chemin.

Les deux hommes s’exécutèrent.



A ce moment deux plocs caractéristiques des pistolets à air comprimé se
firent entendre. Les deux hommes tombèrent immédiatement endormis pour
le compte.



Les frères Bartoldi quittèrent les fourrés où ils étaient dissimulés,
ils récupérèrent les fléchettes, refermèrent la grille et mirent une
grosse chaîne avec un gros cadenas.

Ils installèrent le plus confortablement possible les deux chauffeurs
contre la grille puis chacun des frères se mit au volant d’un Boxer.



Ils avancèrent sur le chemin et arrivèrent au bitume. De là, ils
repassèrent par dessus l’autoroute et se dirigèrent vers la RN 20 en
direction de Salbris.



A quelques kilomètres après Lamotte Beuvron, la voie ferrée est
parallèle à la RN 20. Il existe un petit passage sous la voie qui
permet de rejoindre les terrains situés derrière.



L’un derrière l’autre les Boxer s’engagèrent sous le pont et
s’avancèrent jusqu’au bois. Là ils prirent un chemin et débouchèrent
dans une clairière. Ils arrêtèrent les camions et descendirent après
avoir coupé moteur et lumières.

Les deux Toyota étaient garés de chaque coté de la clairière. Ils manœuvrèrent pour que

les portes des Vans se trouvent au plus près des portes des Boxer.



Tout le monde se mit immédiatement au travail en silence.

Les containers marqués d’un F furent mis à l’arrière des Toyota et les autres furent installés dans les deux Vans.

L’opération de transfert prit moins de cinq minutes.

Les Toyota prirent à l’inverse le chemin empreinté quelques minutes
plus tôt par les boxer. Lorsqu’ils arrivèrent à la RN 20, ils
tournèrent à gauche en direction d’Orléans.

Un peu avant Lamotte Beuvron, il y a un routier fermé dans l’attente d’un repreneur ?

Les Toyota s’engagèrent sur la voie qui mène au parking situé derrière le routier.



Avant qu’il y ait l’autoroute, c’était le lieu de rencontre et de repos
le plus apprécié des routiers. Le parking était immense et pour le
moment il était vide sauf une remorque de semi qui était seule sans son
tracteur presque cachée dans un recoin.



Le premier Toyota se mit à l’arrière de la remorque, puis le chauffeur
descendit et détacha le Van. La même opération fut réalisée par le
deuxième Toyota.

Les deux véhicules reprirent ensuite la route en direction de la propriété.



Dès que les deux Toyota furent loin, un homme qui était caché derrière
une haie s’approcha de la remorque. Il ouvrit les portes arrières,
installa deux rampes en aluminium. Il monta ensuite dans la remorque,
déroula un câble qui se trouvait enroulé sur un treuil électrique situé
au fond, il redescendit et accrocha le premier van au câble.



Il remonta dans la remorque et actionna le treuil alimenté par une
série de batteries. Lorsque le premier van fut rentré, il renouvela
l’opération pour charger le deuxième van.

L’homme rangea les rampes dans la remorque, amarra solidement les deux vans, puis il ferma les portes.

Il s’éloigna ensuite, sortit un téléphone mobile de sa poche, composa un numéro et entama une communication.

Peu de temps après, un tracteur rentrait sur le parking, il manœuvra
pour accrocher la remorque, les béquilles furent remontées, les
liaisons furent établies, puis l’homme monta dans la cabine à côté du
chauffeur et le convoi disparut sur la RN 20.



Rentré à la propriété, Franck avait fait décharger les containers qui avaient ensuite été entreposés dans sa chambre.

Il avait été nécessaire d’élever la voix pour empêcher l’ouverture des
containers, mais la bonne vieille discipline avait repris le dessus.



Franck descendit dans le parc et appela Mario.



- Bonsoir commandant, tout est parfait, nous avons passé une bonne soirée. Et il coupa la communication.

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MessageSujet: Re: Panique a Saint Laurent...   Mer 18 Avr - 11:17

XVIII





A 1h du matin un fax arriva à la centrale de Saint Laurent.

Descamps dormait sur place et le message lui fut remis immédiatement.



- Bonsoir messieurs



- Pour le moment l’opération est un succès (tout du moins pour moi)



- Vous retrouverez vos deux chauffeurs neutralisés à la grille d’entrée
qui se trouve sur l’autoroute A 71 après le sortie Lamotte Beuvron.



- Pour les camions, fermiers, forestiers ou promeneurs se chargeront rapidement de vous indiquer leurs emplacements.



- Avant de commencer l’opération de désamorçage, veuillez faire venir
rapidement un gros engin de chantier. Dans le champ où le pylône a été
détruit, vous ferez creuser un trou de 4 mètres de côté et de
4 mètres de profondeur. Vous avez jusqu’à 7h pour réaliser cette
opération. A 7h seulement je désactiverai le système de détection, mais
attention seulement cela. Le reste de l’installation restera
fonctionnelle et j’aurai toujours la possibilité de déclencher
l’explosion.



Vous prendrez 12 spécialistes, 4 par piliers. La première
opération consistera à sortir les explosifs des alvéoles, puis de les
poser au pieds des piliers. Vous ferez ensuite venir une remorque
ouverte. Vous irez au pilier N° 4 et vous mettrez tous les
explosifs, toujours branchés, sur cette remorque. Vous réaliserez
ensuite la même opération sur le pilier N° 6, puis sur le
N° 5. Attention, ne jamais rien débrancher, même le support de
l’antenne. Cette opération ne devra pas prendre plus de 30 minutes.



La remorque sera ensuite conduite dans le champs où vous aurez réalisé le trou.



Dans le trou, vous disposerez tous les explosifs et les boîtiers qui y
sont raccordés. Le support d’antenne et bien sûr l’antenne resteront
sur le bord du trou. Vous devrez ensuite reboucher le trou et tasser la
terre du mieux possible.

A 8h toute cette opération doit être terminée.



A 8h15 il ne doit plus y avoir personne sur le champs, ni même sur la route. Enfin à 8h 30 je déclencherai l’explosion.

Ne prenez pas de risques et tout se passera bien.



Ensuite l’opération sera close définitivement.

Fin de partie !!!



Descamps fit convoquer sur le champs le chef des travaux de la centrale. Celui-ci fut là 30 minutes plus tard.



- Bonjour, dites-moi où trouver dans l’heure qui suit une pelleteuse de grande capacité ?



- Je ne vois qu’une solution, il en existe une sur la commune chez un entrepreneur.



- Parfait.



Il convoqua un gendarme qui arriva quelques minutes plus tard.



- Bien, voici ce que j’attends de vous. Vous partez immédiatement tous
les deux chez l’entrepreneur et vous réquisitionnez le matériel ainsi
qu’un opérateur habilité à sa conduite. La pelleteuse doit être
opérationnelle à 3h du matin au milieu du champs devant la centrale.



Descamps convoqua ensuite toute son équipe.



- Bon, pour commencer, à 7h début de l’opération déminage de la tour
N° 2. Attention tout danger ne sera pas écarté. Vous voudrez bien
prendre connaissance des instructions et vous organiser en conséquence.
Vous prévenez les gendarmes pour qu’ils puissent récupérer les deux
chauffeurs qui ont convoyé l’argent. Prévoyez une ambulance car il y a
des chances pour qu’ils soient dans le même état que les deux vigiles
EDF.

A 6h Descamps fut demandé par le ministre de l’intérieur.



- Alors Descamps où en sommes-nous ?



- Dans une heure nous devrions pouvoir commencer le déminage de la tour.



- Ouf, c’est déjà ça, ensuite ?



- Nous avons récupéré les deux chauffeurs en pleine campagne ; pour les
camions pas de nouvelles, mais ils sont certainement vides. Les
chauffeurs sont à l’hopital d’Orléans où ils sont toujours dans le
cirage.



- Et pour le reste ?



- Pour le reste, monsieur le ministre, la priorité est au déminage et je ne peux vous en dire plus pour le moment.



- Ce n’est pas très brillant tout cela, et votre coup de poker Descamps ?



- Disons que vous aurez des informations après 8h30.



- C’est bien joli cela, Descamps, mais vous oubliez sans doute que j’ai
les autres ministres sur le dos et ils ne me ménagent pas.

- Écoutez monsieur le ministre, je comprends votre angoisse, alors puisque vous êtes réveillé voici ce que je vous propose.

Vous prenez avec vous le ou les ministres qui vous bousculent le plus
et vous venez me rejoindre ici. Avant vous passerez par Villacoublay,
prenez disons quelques centaines d’Euro en coupures différentes,
faites-vous remettre par l’officier chargé de l’atelier de mécanique un
container équipé en valves comme ceux qui ont servi au transport de
l’argent. Vous prendrez également une pompe à vide et une bonbonne de
produit rapporté par Wolker. Vous vous ferez ensuite conduire par
hélicoptère à Saint Laurent. C’est possible ?



- Oui pas de problème.



- Il est 6h, alors disons que le temps de réveiller votre troupe, de
passer à la BA 107 et de venir ici, vous devriez pouvoir être là
vers 11h.



A 4h Descamps avait été informé que le trou dans le champs était réalisé.



A 7h les hommes avaient pu approcher des piliers sans déclencher les alarmes.



A 7h25 tout le matériel était sur la remorque.



A 7h35 ils étaient au bord du trou et ils commençaient a descendre le matériel au fond.



A 7h50 la pelleteuse commençait à reboucher le trou et à 8h10 l’antenne était visible sur le tumulus.



A 8h20 toute la zone était sécurisée, puis l’attente commença.



A 8h30 précise, une énorme déflagration fit trembler toute la zone. Un
immense geyser de terre s’éleva puis retomba presque au ralenti.



Dès que les artificiers donnèrent leur accord, Descamps se rendit au bord du trou.



C’était impressionnant, aussi bien en profondeur qu’en diamètre. Tous
les endroits où il y avait une concentration de sable avaient été
vitrifiés, preuve de l’énorme dégagement de chaleur. Pour sûr, les
piliers n’auraient jamais résisté à une telle explosion.



- Bon, par principe, faites réaliser des prélèvements pour retrouver
des indices, mais cela aussi était prévu nous ne retrouverons rien,
tout a été vaporisé.



Je retourne à la centrale, vous savez où me joindre. A 11h j’ai
rendez-vous avec des ministres, rejoignez-moi à la salle de réunion que
vous puissiez vous aussi participer à la surprise du chef, et puis vous
pouvez faire lever le bouclage de la zone par l’armée.

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MessageSujet: Re: Panique a Saint Laurent...   Mer 18 Avr - 11:18

XIX





A 11h toute l’équipe de Descamps était réunie.



A 11h30 le ministre de l’intérieur, le ministre des finances, le
ministre de l’industrie et les équipements pris à Villacoublay avaient
rejoint Descamps.



Bonjour messieurs, dit Descamps.

- Je crois que nous avons gagné la bataille principale en évitant la destruction de la tour de refroidissement N° 2.



- Oui, sauf que nous avons perdu 2 milliards de Francs, répondit le ministre des finances.



- Pour le moment peut-être, mais pas comme vous le croyez. Ce qui est
certain c’est que nous ne récupérerons jamais cet argent mais
normalement il est inutilisable ou le sera très vite.



- Au fait, Descamps, au fait.



- Bien, je vais vous faire une petite démonstration, vous avez l’argent ?



- Oui comme vous l’avez demandé, il est dans cet attaché case.



- Alors, commençons la manipulation.



Descamps prit le container, l’ouvrit et plaça l’argent à l’intérieur.
Il ferma ensuite le container, puis le retourna. Il brancha ensuite le
raccord à la pompe à vide et à la valve, puis il mit la pompe en route.
Lorsque le vide fut fait dans le container, il débrancha le raccord et
arrêta la pompe. Il prit ensuite la bonbonne, brancha le raccord sur la
deuxième valve, puis ouvrit la vanne de la bonbonne. Le sifflement
caractéristique d’un gaz sous pression indiqua que le container se
remplissait du contenu de la bonbonne. Lorsque le manomètre indiqua que
la pression était de 1 bar au container, Descamps arrêta la
manipulation.



- Messieurs, voici l’opération qui a été réalisée à Villacoublay sur tous les containers qui ont été livrés aux malfaiteurs.



- Oui, c’est bien joli, s’impatienta le ministre des finances, mais ensuite cela nous mène où ?



- Voulez-vous ouvrir le container monsieur le ministre.



Le ministre ouvrit le container et les billets apparurent.



- Vous vous moquez de moi Descamps, dit le ministre ?



- Non pas du tout, je ne me permettrais pas. Si vous le voulez bien,
nous allons déjeuné rapidement, laissez le container ouvert, nous
serons de retour d’ici 30 minutes.



Lorsque tous furent attablés devant un plateau repas, le ministre des finances reprit.



- Alors Descamps pouvez-vous enfin nous expliquer ?



- Je suis vraiment désolé monsieur le ministre, mais pour que la
démonstration soit réussie nous devons aller jusqu’au bout de
l’expérience et croyez-moi cela vaut le coup d’attendre.



- J’espère pour vous Descamps, j’espère que vous ne m’avez pas fait venir pour rien.



- Veuillez m’excuser monsieur le ministre, mais c’est votre collègue de l’intérieur qui a fait cette demande, pas moi.



- Je vous en prie Descamps, pas de satyrisme.



- N’ayez crainte, en principe ce n’est pas une plaisanterie.

- Comment ça en principe, franchement Descamps si je faisais ce genre
de commentaire au premier ministre sur une affaire aussi grave, il y a
belle lurette que je serais devenu sous secrétaire d’état au temps
libre.



- Les ministres attaquèrent du bout des lèvres le contenu de leur
plateau. Ce n’est pas le genre de restaurant qu’ils fréquentent
habituellement et ça change de la table de Matignon.



A peine la dernière bouchée avalée, le ministre des finances était déjà debout.



- Allons-y Descamps, ne perdons pas de temps.

Le retour à la salle de réunion se fit au pas de charge, ministres en tête.



Le ministre des finances s’approcha du container dont le couvercle était resté ouvert. Il prit une liasse et s’exclama

- “mince alors que s’est-il passé” ?

Tous se rapprochèrent du container et constatèrent que les billets
apparents étaient devenus gris et que les autres commençaient à perdre
leurs couleurs.



- Fabuleux Descamps, pouvons-nous avoir une explication ?



- Bien entendu, je suis là pour cela.



Voilà comme vous le savez certainement j’ai été mis en relation avec un Suisse, monsieur Wolker.



Monsieur Volker est chercheur pour une grosse firme Allemande
spécialisée dans les produits chimiques et plus particulièrement dans
les produits dépolluants.



Vous savez quel poids représente les écologistes en Allemagne, il y a
donc un gros marché pour tout ce qui contribue à réduire la pollution.
Wolker est un spécialiste des enzymes qui ont la particularité de
détruire les produits chimiques dangereux ou d’accélérer la
biodégradation. Pour simplifier, disons que Volker travaille sur le
principe de la fosse sceptique géante spécialisée. Vous mettez un
produit dangereux puis les enzymes de Wolker, vous laissez agir et vous
avez un résidu dégradé et non polluant.



Vous savez aussi que les écologistes luttent contre les papeteries qui
utilisent la forêt pour la fabrication de la pâte à papier. Vous savez
encore que la mode est au papier recyclé. Vous savez également que ce
papier est soit de mauvaise qualité, soit d’un prix de revient très
élevé.

Wolker travaillait sur un produit qui permettait de réduire dans des
proportions très importantes les coûts de retraitement des déchets
issus du blanchiment du papier.



Le problème principal est la destruction des résidus issus de ce blanchiment.



Je vous ferai grâce des détails techniques à mettre en œuvre, mais même
lorsqu’il est fait appel à des moyens très sophistiqués de traitement
des déchets il reste des boues qui sont elles indestructibles par des
moyens conventionnels.



Comme c’est souvent le cas, la découverte qui nous a permis de déjouer
nos adversaires a été le fruit du hasard. Wolker travaillait sur un
tout autre problème. Pour résoudre ce problème une enzyme avait été
développée. Il avait réalisé des essais presque toute la journée et
comme d’habitude il avait sur lui son portefeuille.



Après sa journée de travail, Wolker a voulu faire quelques courses
avant de rentrer chez lui. Au moment de payer, il a constaté que ses
billets étaient gris. Tout de suite il a fait un rapprochement avec ses
travaux de la journée.



Le lendemain il a fait des essais et il a constaté que

1 - la bactérie n’était active qu’en présence d’oxygène.



2 - la bactérie n’attaquait que les encres spéciales utilisées pour l’impression des billets de banque.



Volker mit de coté cette découverte afin de l’améliorer ultérieurement.
Pour contrôle et utilisation ultérieure, il fit remplir des bonbonnes
sous pression d’azote avec une concentration de bactéries.



C’est lorsque le frère de Wolker qui travaille à la Bundesbank lui a
parlé du problème qui se posait à la France que le savant a décidé de
prendre contact avec nous, mais sans rentrer dans les détails.



Au départ je trouvais les possibilités du produit extraordinaires, mais je ne voyais pas comment l’utiliser.

Les gangsters devaient pouvoir contrôler la rançon, c’était la condition qui permettait le désamorçage des explosifs.

Ce qui nous a sauvé c’est la précision des exigences et en particulier
le fait de vouloir des containers étanches pour la rançon.



De là, et en accord avec Wolker, nous avons vu une possibilité
remarquable. Puisque l’enzime n’est active qu’en présence d’oxygène, il
suffira de faire le vide dans les containers, puis ensuite de
rééquilibrer la pression avec les enzymes qui sont dans les bonbonnes.

Premièrement les enzymes ont le temps de se fixer sur les encres,
deuxièmement à l’ouverture des containers les gangsters voient les
billets normaux ; troisièmement ils referment les couvercles mais
c’est cuit car l’oxygène est en contact avec l’enzyme et la destruction
commence.



En fait nous avons expédié en plus de l’argent une véritable bombe à
retardement. De plus j’ai tablé sur le fait que les containers
seraient refermés. Comme il faut de l’oxygène pour que la destruction
s’opère, et comme les containers sont étanches, dès que l’oxygène
prisonnier dans les containers est utilisé le processus s’arrête.

Je dois vous préciser que le processus est irréversible, donc les billets sont définitivement inutilisables.



Monsieur le ministre, je serais à votre place, j’expliquerais à vos
collègues des banques Européennes, démonstration à l’appui, que les
billets sont détruits et donc que le gouvernement Français n’a pas à
compenser les sommes empreintées. Cela ne vous coûtera en fait que le
prix de fabrication de ces billets soit une somme ridicule.



- Bravo Descamps, vraiment bravo, mais

vous êtes sûr de votre coup ?



- Demandez confirmation à Wolker, je crois qu’il est plus à même que
moi de vous convaincre et de vous assommer de détails techniques.





Le ministre de l’intérieur ne voulant pas être en reste demanda



- C’est bien joli cela mon cher Descamps, pour la rançon et pour la
centrale c’est réglé, mais pour retrouver les gangsters qu’avez-vous
prévu ?



- Rien, mon travail est terminé, il consistait à éviter et au pire à
limiter les dégâts, pas à faire la chasse aux voyous. Pour cela vous
avez la gendarmerie et la police.

Si vous voulez mon avis, même si vous mettiez la main sur une personne
de l’équipe vous n’iriez pas loin car il y a eu cloisonnement. Je suis
persuadé que les exécutants n’ont jamais été en contact physique avec
le cerveau de l’opération.

Peut-être un jour mettrez-vous la main sur un comparse, mais sur le patron jamais.



- Vous me semblez bien pessimiste Descamps.



- Non simplement réaliste, vous savez parfaitement que lorsqu’il y a
une faille je l’exploite à fond mais là rien, hormis le coup des
containers étanches. Permettez-moi même d’être admiratif devant un
cerveau capable de mettre sur pieds un coup pareil sans une goutte de
sang.

Avouez qu’habituellement nous avons affaire à des joueurs de bazooka ou de FM.



- Vu sous cet angle, dit le ministre, je dois admettre que....

Bon, ce n’est pas tout ça Descamps, mais nous devons rendre compte au
premier ministre. Nous repartons immédiatement. Au revoir Descamps, au
revoir messieurs, et merci pour votre travail.



Descamps resta seul avec son équipe.



- Allez les gars, c’est fini pour nous, nous démontons et nous rentrons à Paris ; nous n’avons plus rien à faire ici.



LUNDI soir 19h journal d’information FR 3 région centre.



Semaine riche en événement dans notre région. Après les explosions qui
ont eu lieues à Saint Laurent des Eaux lundi matin, il y a de cela une
semaine une nouvelle et très importante explosion a secoué les environs
vendredi matin.

Les militaires qui avaient été déployés sur un large secteur ont
rejoint leurs casernements. La RN 152 et la D 951 sont
rendues à la circulation.



Pour le moment nous n’avons pas obtenu d’informations satisfaisantes
sur ce qui s’est réellement passé. Une seule certitude, il n’y a aucun
problème de nature nucléaire. Ce fait est confirmé par des contrôles
réalisés par un mouvement écologiste et surtout parce que les
précautions de confinement élémentaires n’ont pas été prises.



Dans la nuit de vendredi à samedi, deux nouvelles explosions se sont
produites. La première dans la forêt de Ménars et la seconde aux
environs de Salbris. D’après les premières constatations, seul
des arbres auraient été touchés. Une enquête est en cours.



Toujours dans le domaine des explosions, un pavillon situé dans la
banlieue d’Orléans a été soufflé à la suite d’une fuite de gaz.
l’incendie qui a suivi a entièrement ravagé ce qui restait. Les
pompiers n’ont rien pu sauver et le propriétaire a été trouvé
sans vie dans les décombres.





Un autre incendie dramatique a fait 9 morts dans une propriété de sologne.



Les pompiers prévenus très tard du fait de l’isolement des lieux ont eu beaucoup de mal à maîtriser le sinistre.

D’après les premières constatations, les 9 hommes ont perdu connaissance certainement asphyxiés par les gaz de combustion.

Ils ont ensuite été carbonisés. Il sera certainement très difficile
d’identifier les victimes mais il y a de fortes chances pour que le
récent propriétaire en fasse
partie................................................



FIN

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